Caraclcres. De la Chaire
ne tarissait pas d'éloges, elle ne lui connaissait aucun défaut; ne disait-elle pas : « ïl prêche comme un ange du cieP. » Le P. de La Rue, autorisé en pareille matière, puisqu'il avait consenti, pour perfectionner son action oratoire, à prendre des leçons de Tacleur Baron, |)ortait ce jugement : « La France a donné à Bourdaloue la vogue la j)lus constante, et on ne me dédira pas, si j'ajoute aussi la mieux fondée. » Fénelon lui-même se serait exprimé en ces termes dans le beau Mémoire sur les Occupations de V Académie fram^aise : «Combien de styles différents avonsnous admirt' dans les ])rédicateurs avant d'avoir é|)rouvé celui du P. Bourdaloue qui a effacé tous les autres et qui est peut-être arrivé à la perfection dont notre langue est capable dans ce genre d'éloquence'^. » Prenons encore quelques-uns des traits de Bourdaloue dans le P. Bretonneau : <> 11 a beaucoup perfectionné le goût de la prédication... Son expression répond parfaitement h. ses pensées ; elle est noble et naturelle. Il parle bien et ne fait pas voir qu'il veut bien parler, quand il s'élève, ce n'est point avec emphase... Et quand il se communique, c'est toujours avec dignité, et, dans les plus petits détails, il n'a rien de petit et de rampant. » Enfin, car il faut nous borner, au lendemain même de la mort du célèbre prédicateur, le Mercure galant