‹ Bourdaloue d'après des documents nouveauxChapitre 15 sur 347 · liossuet, Sermons, pansim · texte numérisé non relu

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SES COMMENCKMENTS 23

Dieu, dans les vues de sa miséricorde, avait, en elï'el, jeté à pleines mains la semence de la grâce dans cette Ame généreuse, et, sous les souffles d'en haut, les germes divins commençaient à lever. En dépit de son ardeur, nous le savons, le jeune homme ne subissait pas un entraînement et ne cédait pas à des déterminations irréfléchies. Supérieur à la légèreté trop commune à son âge, on sentait, en le voyant, que la grandeur morale qui fait Fhonneur du prêtre était son unique et suprême ambition. Fidèle à la stratégie divine, avant tout, il s'humiliait, voulant se mettre ainsi à Tabri de la défaite et n'oubliant pas que l'orgueil est la cause de toutes les défaillances et de tous les abaissements. Il se passionnait pour la vertu qui est la base de toutes les autres, l'appréciation vraie du peu que l'on est et du peu que l'on vaut et qui, loin de nous élever et exalter, nous porte à nous abaisser et à descendre. Formé à bonne école, ayant eu chez les Jésuites de Bourges des maîtres dont plusieurs étaient des saints, il avait placé en eux son idéal. Grâce à leurs leçons et à leurs exemples, il comprenait que l'homme, dominé par l'orgueil, s'aime seul et à l'exclusion des autres. Un tel égoïsme lui inspirait une horreur profonde. L'orgueil était à ses yeux, comme il devait le dire éloquemment, <( un sentiment faux qui crée des besoins de puissance et de grandeur irréalisables..., un sentiment injuste qui tend au mépris et à l'oppression des autres..., un sentiment malheureux qui ne donne jamais satis-

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faction pleine au cœur humain'». Et, s'éprenant alors d'amour pourTIuimilité, il s'attachait à la vertu qui fait accepter et convoiter la dernière place et mépriser le monde et ses grandeurs.

Ce n'était pas assez de cette victoire, l'athlète avait d'autres ambitions. A l'encontre de tant de jeunes hommes, les victimes de la vanil('' et du plaisir, pris d'horreur pour tout ce qui flatte, il assujettissait son cœur à l'empire de la pureté. Il sentait que l'esprit de sacrifice est nécessaire aux âmes qui veulent devenir fortes et belles, et, dès son entrée dans la carrière, il comprenait que la loi d'une existence sacerdotale ne doit être autre que la souffrance volontaire qui, par la sujétion de la chair, produit seule l'angélique vertu. Aussi, pour s'en assurer le trésor, en toute circonstance, il s'appuyait sur Dieu. Alors il faisait de sa jeunesse une milice au cours de laquelle il ne souffrait la plus légère défaillance. A sa vue, on pouvait dire de lui ce qui a été dit d'un saint : « Venez voir la tente où veille l'intrépide soldat du Christ, et admirez son ordre de bataille. 11 combat tous les jours et, tous les jours, il défait les passions qui l'assiègent, et il ne compte plus que des victoires'. » Dans sa vaillance, il lutte sans trêve et il ne s'arrête qu'au point où le triomphe est complet, et où la vertu atteint à son apogée. Regardez-le, qui ne l'admirerait! Au courage, il unit la force, la force vraie, celle qui consiste à se disci-

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