Saint Jean Chrvsostomc
SES C(JMM1;N'CEMENTS
pliner. à se dompter, à se gouverner. 11 a appris de rÉvangile que. pour être à Dieu, il faut être soumis au devoir, à l'elfort, au renoncement, au sacrifice. A l'aurore de la vie, à cette heure décisive où Ton possède la générosité du cœur, il aspire à tout ce qui est élevé, grand, noble et beau. Plein de virilité morale, alors il rassemble ses forces, et il atteint d'un bond aux régions supérieures, où, dégagé de lui-même, il est tout à Dieu. Et, sous Tégide d'une vertu dont rien n'a émoussé la trempe, amolli la vigueur, terni la pureté, il frappe à la ]>orte du sanctuaire, et il demande qu'on lui ouvre. A cette heure, Bourdaloue était bien la personnification la plus digne de la jeunesse de l'Eglise, de cette jeunesse, héroïne sans rivale, qui représente la virilité dans sa forme la plus belle, la virilité intellectuelle et morale, la virilité couronnée par la chasteté et le célibat, la virilité qui consiste dans des efforts plus constants et plus coûteux que ceux qu'exigent les carrières du monde, même celle des armes, et qui compte à son actif et à sa gloire des exploits plus sanglants et des triomphes plus généreux.
Le souvenir des luttes que l'intrépide soldat du Christ eut à soutenir contre les siens pour la défense de sa vocation ne s'effaça jamais de sa mémoire. Il s'en exprimait ainsi, après bien des années, dans un sermon sur les Devoirs des 'parents par rapport à la vocation de leurs enfants : <( Vous savez, disait-il, que Dieu veut cet enfant dans la profession reli-
gieiiso, et \'Ous vous obstinez à le vouloir dans le monde. Vous voilà donc aux prises avec Dieu. Non, non, quelque intérêt qu'ait un père de voir son enfant établi dans le monde, il ne peut se plaindre de Dieu, quand Dieu l'appelle à une vie ])lus sainte; et traverser cette vocation ou par artifice, ou par de longues et insurmontables résistances, c'est une révolte contre Dieu... Et ne pensez pas que ce soit, ajoute-t-il, une bonne raison de répondre que ce fils est le seul qui vous reste et que sans lui la famille va s'éteindre (c'était son cas), comme si Dieu était obligé de s'accommoder de vos idées mondaines, comme si la conservation de votre famille était quelque chose de grand, comme si tôt ou tard toutes les familles ne devaient pas finir'... » Comme on sent dans ce langage la blessure de son âme et une énergique et nouvelle protestation contre la violence qu'il avait dû subir! Mais enfin sa famille avait compris qu'elle ne devait plus le disputer à Dieu, et le P. Bretonneau rapporte qu'elle s'était déterminée à le ramener elle-même h Paris dans le cours de Tanné 1648'. « Admis, dit le P. Martineau, dans la Compagnie le 10 novembre 1048, ce fut pour y vivre et pour y mourir^. » Le bonheur ressenti par le pieux novice ne tarda pas à dissiper les craintes des siens. La vie religieuse était l'élément qui convenait à sa nature ; il était destiné à s'élever dans