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ces traits si inattendus? Ce n'est certes pas dans le portrait de Bourdaloue attribué à Fénelon où il n'y a place que pour sa mémoire chancelante, sa régularité monotone, ses bras toujours en mouvement, ses yeux liabituellement fermés. L'action, le feu, la rapidité qui caractérisent l'éloquence de notre prédicateur, le critique les trouve dans les témoignages des contemporains, il en convient, et comme s'il voulait nous convaincre que ce n'est que de mauvaise grâce, il s'empresse aussitôt d'ajouter celte réflexion qui a tout le mordant d'une épigramme : c( Ce n'est pas le seul exemple de choses froides et ternes débitées avec véhémence'. »
Eh bien, l'abbé Hurel, de concert avec Maury, La Harpe et l'abbé Irailh, a beau dire, tous ses trails ne parviennent pas à ébranler la réputation si fortement établie de Bourdaloue. Son action oratoire avait des qualités supérieures et jamais les lettrés ses contemporains ne l'attaquèrent. On ne peut se dissimuler cependant que parmi les plus lidèles auditeurs du célèbre jésuite, il en était beaucoup dont la tinesse d'es|)rit ne pouvait être niée ni prise en défaut. Les Guy-Patin, les Arnauld, les Bussy, les La Bruyère, MM™^' de Sévigné, de Lafayette, de Richelieu, la cour, la famille royale, Louis XIV auraient donc écouté sans se lasser jamais un prédicateur dont l'action oratoire n'était, à en croire les auteurs que nous venons de citer, (|ue pénible, embarrassée, insoutenable, ridicule ! Mais,