Cours de Lilléralure, t. Vil. p
il lui reproche d'être soustraite à l'imprévu, « de ne s'échauffer que de mémoire et de ne se développer qu'avec une symétrie monotone^ ». Selon lui, cette gi-ande réputation oratoire était en partie surfaite et usur])ée. Le portrait dos Dialogues qu'il regarde comme authentique et qui lui représente Bourdaloue avec (( son continuel inouvement de bras, pendant qu'il n'y a ni mouvement ni figure dans ses paroles, et ses yeux d' 07^dinaire ferfnés, parce que sa mémoire travaille trop-», enlève, en effet, à son sens, tout mérite à son action oratoire et ne justifie en rien l'admiration enthousiaste et déjà séculaire des contemporains et de la postérité en sa faveui*. Voilà pourquoi il trouve que le succès du célèbre prédicateur a été « sans proportion avec son mérite » ; ce qui ne l'empêche pas toutefois, par une singulière contradiction, d'admettre que «ce succès n'en est pas moins légitime'^». Dans ce jugement où le blâme l'emporte sur l'éloge, où se sent un peu d'antil)athie, et où perce une pointe de dénigrement, le censeur n'hésite pas à avancer que la puissante influence des Jésuites avait été pour beaucoup dans la \ogue et la renommée oratoire de Bourdaloue. Aussi ne peut-on s'empêcher d'être surpris, on est si loin de s'y attendre, à l'aveu que l'abbé Hurel laisse tomber de sa plume quand il ajoute : u 1] avait l'action, le feu, la rapidité '*. » Où découvre-t-il donc
1. Les Orateurs sacrés à la cour de Louis AVI', l. ][; p. 1(1.