Gazelle et Mercure (julanl
voir que son cœur était solide, droit et chrétien.
« Solide, parce que dans le haut de la plus glorieuse vie qui fut jamais, il avait été au-dessus des louanges ; et là il repassa en abrégé toutes ses victoires, et nous lit voir comme un prodige qu'un héros en cet état fut entièrement au-dessus de la vanité et de l'amour de soi-même. Cela fut traité divinement.
« Un cœur droit : et sur cela il se jeta sans balancer tout au travers de ses égarements et de la guerre qu'il a faite contre le roi. Cet endroit qui fait trembler, que tout le monde évite, qui fait qu'on tire les rideaux, qu'on passe des éponges, il s'y jeta lui, à corps perdu, et fit voir, par cinq ou six réflexions dont l'une était le refus de la souveraineté de Cambrai, et l'offre qu'il avait faite de renoncer à tous ses intérêts, plutôt que d'empêcher la paix et quelques autres encore, que son cœur dans ces dérèglements était droit, et qu'il était emporté par le malheur de sa destinée et par des raisons qui l'avaient comme entraîné à une guerre et à une séparation qu'il détestait intérieurement, et qu'il avait réparées de tout son ))ouvoir après son retour, soit par ses services, comme Tollus, Senef, etc., soit par ses infinies tendresses et par ses désirs continuels de plaire au roi et de ré'parer le passé. On ne saurait vous dire avec combien d'esprit tout cet endroit fut conduit, et quel éclat il donna à son héros par cette peine intérieure qu'il nous peignit si bien et si vraisemblablement.