Bibliothèque nationale, collection Hennin, t
SES PANÉGYRIQUES ET SES ORAISONS FUNÈBRES 28;j
ignavi, mortuus ^5^ ^ «... Ce silence auquel Bourdaloue se condamne, sentant que le sujet a été trop supérieurement traité par Bossuet pour qu'il ose l'aborder après lui, prouve combien il était encore sous le coup de l'admiration ])roduile par Tincomparable oraison funèbre de Condé. Ainsi le piédicateur s'inclinait devant l'aigle de Meau\ et rehaussait par cet hommage l'éclat de son chef-d'œuvre oratoire. Toutefois, inspiré par le sujet, jamais Bourdaloue ne s'éleva plus haut'. Il dc'ploya à son tour la force et la grâce et il entoura le prince de tout ce que sa parole sut trouver de plus distingué, de plus délicat et de plus brillant. Dans cette circonstance il ne dédaigna pas d'orner son style, il aurait voulu pouvoir jeter à pleines mains les fleurs de l'éloquence sur le cœur de Condé, sur ce cœurdont il avait dirigé les derniers battements vers Dieu. M™'' de Sévigné qui l'entendit était dans le ravissement : « Je suis charmée et transportée, écrit-elle à Bussy, de l'oraison funèbre de M. le Prince faite par le P. Bourdaloue. Il s'est surpassé lui-même : c'est beaucoup dire. Son texte fut : que le roi l'avait pleuré, et dit à son peuple : Nous avons perdu le prince qui était le soutien d'Israël.
j( Il était question de son cœur (car c'est son cœur qui est enterré aux Jésuites; . Il en parla donc, et avec une grâce et une éloquence qui entraînent, ou qui enlèvent comme vous le voudrez. Il fit