Lundis
•1. Port-Royal, t. lU, p. 3U6.
bourdaLouE -Moraliste, ses portraits 3u9
faire horreur à penser, est une de ces lenlulions que nulle excuse ne justifie et dont cependant avec la prétendue réforme dont on se pique, on ne |)eut presque gagner sur soi de se faire un point de conscience ^ » En stigmatisant avec cette force les œuvres malsaines de certains grands hommes de son temps, lîouidaloue vengeait hi morale publiquement insultée et il rendait aux bonnes mœurs et à la religion d'inappréciables services. Un auteur prétend que lorsque le prédicateur traitait ces matières, il semblait affiler de ses lèvres fines les traits qu'il lançait. Nous ne saurions dire si c'est vrai, mais ce que nous affirmerons sans crainte d'erreur c'est que la parole de Bourdaloue était une parole d'apôtre et comme la lance d'Achille, elle avait le don de cicatriser et de guérir les blessures qu'elle faisait.
Dans la galerie des portraits de Bourdaloue, on pourrait, ce nous semble, placer encore celui deFénelon et celui de M"'^ Guyon. On trouve, en effet, dans le Sermon sur la Prière des traits qui s'appliquent à l'un et à l'autre, et qui nous paraissent la fidèle ressemblance de leurs physionomies. Ony reconnaît, à ne pouvoir s'y méprendre, l'auteur des Maximes des Saints. A côté des exposés de doctrine sur l'oraison, il y a des à-propos frap|)ants qui saisissent et qui vous mettent comme en présence des deux |)ersonnages, et tout cela est fait avec la plus parfaite mesure. Entendons le prédicateur parler de Fénelon: