Mé)noires, t. XI, p
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bon particulièrement selon Dieu. La confiance que vous avez en moi et à laquelle je répondrai toujours avec un véritable zèle, m'engage à avoir une j)arliculière attention à tout ce qui vous regarde, et je suis sur que vous m'en saurez bon gré... Pour moi, je compte m'en retourner à Paris jeudi prochain, et ainsi j'espère que j'aurai le lendemain, c'est-à-dire le vendredi sur les cinq heures, la consolation de vous voir. Je me remets à ce temps-là à vous en dire davantage; eteependaut. ma chère fille, je suis plus que jamais et pour jamais votre très humble et très obéissant serviteur'. ^) On sent à ces lignes si le religieux savait se dévouer aux âmes et surtout à celles qu'il sentait délaissées et malheureuses.
Dans ses Instructions à M""^ de Maintenon, nous allons encore apprécier l'élévation et la sagesse des conseils de Bourdaloue et comprendre tout le bien que sa direction si sûre et si prudente faisait à l'élite de la sociét(' du xyii" siècle. Les lettres à M""" de Maintenon démontrent la vérité de ce que nous affirmions plus haut; sa direction ressemble à sa prédication. Il l'épond à celle qui occupe la place des reines, avec une clarté et une précisiou admirables. Son illustre corres])ondante lui demande un règlement de vie, et il lui répond : « J'ai reçu votre lettre qu'on ma apportée de Fontainebleau et puisque vous voulez qu'en y répondant, j'entre non seulement dans le détail, mais que je décide et quej'or-
\. L,eUre du 2!) septembre 1C95,
(loiiiic suivaiil le délail même que vous me faites, je m'en vais ordonner et décider '. » A ce simple début, on sent que Bourdaloue remplit son rôle de directeur dans toute son étendue et qu'il prend la responsabilité de ses décisions et de ses ordres. M'"^ de Maintenon, toujours en quête de conseils et de lumières, s'était ouverte et confiée à lui en matière de conscience et de piété, et celui qu'elle avait choisi pour guide donnait une approbation presque entière à ses résolutions. « J'approuve tout à fait l'idée que vous avez conçue de la dévotion solide, et pourvu que vous la réalisiez dans tous ses chefs, je ne crains pas que l'opposition, que vous pourriez avoir à certains petits assujettissements, vous éloigne jamais de Dieu^. » Enumérant les exercices de piété qui sont comme la trame de la vie chrétienne, il lui demande d'avoir pour eux « un attachement inviolable », et que lorsqu'il sera question de ces devoirs elle se fasse u point de religion de s'y assujettir '■ ». il lui recommande la prudence dans le choix de ses autres pratiques de dévotion. Ainsi, lui dit-il : <« quand il vous prendra envie de vous renfermer pour méditer ou pour lire et qu'on viendra, malgré vous, ouvrir votre porte pour une affaire,... vous vous ferez un mérite de quitter Dieu sans témoigner nul chagrin, avec un esprit libre, et un visage égal,... vous persuadant que d'en user ainsi vaut mieux que la lecture ou la
1. Inslruclion générale à M""" de Maintenon. 30 octobre 1(388.