‹ Bourdaloue d'après des documents nouveauxChapitre 28 sur 347 · M™" de Pringy · texte numérisé non relu

M™" de Pringy

SES COMMKNCKMKMS 41

un grand fou crànio, avec ih; tels dons mis au service d'une érudition vaste et d'une vertu solide, on com- |)rend que Bourdaloue était fait pour remporter les grandes victoires de l'apostolat. Aussi Sainte-Beuve n'a pas craint de dire que tout en lui était orateur et que tout servait son talent, jusqu'à son regard, à travers (( ses paupières à demi fermées*». Tant de qualités réunies et qui se faisaient valoir l'une l'autre, n'étaient pas pour déplaire : elles assuraient ses triomphes. Mais, entre tous ces dons, ce qui constituait chez lui la plus grande de ses forces, c'était sa droiture, u une droiture de raison, remarque Moréri, qui le faisait en tout tendre au vrai-». Son âme, en effet, semblait être à découvert et comme transparente. Aussi sa simple vue prévenait-elle en sa faveur, et, dès qu'on l'entendait, on se sentait conquis, tant il paraissait sincère, bon, droit et généreux.

Après avoir prêché l'Avent de 1669 à l'église Saint- Louis, Bourdaloue eut encore à donner les Dominicales du carême de 1670 devant le même auditoire. L'effet produit par sa parole grandissait de jour en jour. Les plus hauts personnages, les courtisans, les princes, entouraient sa chaire, et M"^ de Sévigné se plaignait déjà de la presse et de l'encombrement. La spirituelle marquise signale, au cours de ce carême,

i . Quand l'auteur des Lundis représentait Bourdaloue éloquent jusque dans son regard à travers « ses paupières à demi fermées », il sacrifiait à une légende dont nous essayerons de démontrer la fausseté lorsque nous traiterons de son action oruloire.

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