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dit qiio l'ombre de lîoiirdaloue y apparaît de fois à autre.
La reconnaissance des lieux ainsi faite, si Ton entre dans l'intérieur de la Maison professe Ton ne peut se défendre d'en évoquer aussitôt l'hôte disparu. On croit voir Bourdaloue, on croit le suivre dans les détails de son existence laborieuse et, quand on se dirige vers l'église qui fut le champ de son premier apostolat, on découvre à l'extérieur, audessous du bras du transept de droite, la porte aujourd'hui murée que le grand prédicateur franchissait si fréquemment. Là, dans le sanctuaire, on se le représente encore à l'autel, on l'entend parler en chaire et l'on participe aux bienfaits de son éloquence et de sa direction. Aux heures où les devoirs de son ministère l'appellent au dehors, il est aisé de connaître ses raj)ports avec l'extérieur et la mission éminemment sacerdotale qu'il remplit. D'habitude, Bourdaloue n'est pas seul dans ses sorties et le frère Robin eau, coadjuteur temporel, son socius ou compagnon attitré, lui fait escorte ^ Le quartier aristocratique du Marais qui se presse autour de la Maison professe et qui embrasse la paroisse royale de Saint-Paul, est, par son voisinage, le centre ordinaire de son action. Les familles de Lorraine, de Turenne, de Bouillon, d'Elbeuf, d'Albret, de Sévigné, de Lamoignon fréquentent l'église Saint-Louis el, attirées par sa parole, suivent même Bourdaloue dans les paroisses
1. iMorI le 21 scp(oiiii>re \~01. deux ans av.uil Bourdaloue.
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OÙ il prêche. Quelques-unes d'entre elles, sachant combien son ministère l'avait rendu puissant auprès du roi, n'hésitent pas à recourir à son crf'dil. ïoule cette haute société aurait voulu voir le religieux dans ses salons, mais celui-ci, en dehors des obligations de son ministère, ne se prodiguait pas et ne visitait que quelques intimes.
Deux grands hôtels, voisins et rapi)rochés de la Maison professe, s'ouvraient surtout au prédicateur. Le premier, bâti parle président de Ligneris en 1550, d'après les plans de du Cerceau dans la rueCulture- Sainte-Catherine et connu sous le nom d'hôtel de Carnavalet, était la propriété de M"** de Se vigne, elle l'avait acquis en 1677. Le second, celui d'Angoulême, construit par Diane de France et par le duc dont il portait le nom, an coin de la rue Pavée et de la rue Neuve-Sainte-Catherine, appartenait aux Lamoignon depuis 1684. Ces résidences ont droit l'une et l'autre à quelques mots de description. Carnavalet est d'un caractère décoratif très gracieux. Sa façade de la rue ainsi que celle du b<âtiment du fond de la cour d'honneur sont ornées de magnifiques bas-reliefs représentants les Sa«.w?25, dus au ciseau de Jean Goujon. Les huit statues, placées aux ailes latérales de la cour, très inférieures aux quatre premières, figurent les Eléments et des divinilés raythologiques; toutes sont encastrées. Quant au Louis XIV de bronze, en empereur romain, un vrai chefd'œuvre, il est de Coyzevox. L'hôtel d'Angoulême, aujourd'hui l'hôtel de Lamoignon, contraste fort
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avec Carnavalet. D'un style sévère et de bon fioiit, il convient par son architecture austère à riiatjitalion d'un avocat général et d'un président à mortier ^ 11 est orné sur la façade de « grands pilastres engagés, à chapiteaux corinthiens dont le fût se prolonge sur toute la hauteur du bâtiment' ».
Bourdaloue allait-il souvent à Thôtel Carnavalet visiter M'"*' de Sévigné? Fut-il pendant les dix-huit années que la marquise en demeura propriétaire, de 1677 à 169G, Tun des familiers de ses salons? Nous serions porté à croire que ses visites y étaient rares; il en jugeait la compagnie trop mondaine et il se tenait à distance. Carnavalet était une succursale de Vhôtel Bambouillet et, quoique le genre précieux ne pût y passer certaines limites, il y était trop en honneur pour y attirer le prédicateur. La maîtresse de la maison recherchait fort le commerce de Bourdaloue, ses Lettres disent hautement combien elle était heureuse en certaines rencontres de le voir à Bâville et combien elle était surtout ravie d'entendre ses sermons dans les églises de Paris, à Saint-Paul, sa paroisse, et à la cour, et cependant, malgré toutes ses avances et ses recherches, elle ne parvint pas à en faire l'hote assidu et familier de sa belle demeure '. A la Maison professe, on trouvait la
1. François-Clirrtion, fils de (iuill.uuiK- de l.iuiinigndii [)rcn)ier président.