‹ Bourdaloue d'après des documents nouveauxChapitre 285 sur 347 · M""" de Pringy · texte numérisé non relu

M""" de Pringy

jourtriiiii le Lycée Charlemagne, fut la résidence de Bourdaloue pendant la durée presque entière de sa vie religieuse et de sa carrière oratoire, de 1669 à 1704. Fixons l'aspect sous lequel elle nous est apparue. Bâtie à la hauteur du chevet de Saint- Paul-Saint-Louis, on y pénètre par une ruelle qui borde l'église dans sa longueur sur la droite. La porte d'entrée ouvre sur une cour vaste et carrée, et ce n'est qu'après en avoir franchi le seuil qu'on a la vue de l'édifice. Les bâtiments réguliers n'affectent pas le caractère d'un cloître, ils forment deux grandes ailes, c'est un ensemble de constructions solides et commodes dans le goût du xvii^ siècle. A l'angle de l'aile droite, tout près de la porte de la cour, est placé l'escalier d'honneur de la maison, celui que Bourdaloue monta et descendit si souvent. Large, aisé, avec une rampe en fer, il est décoré à la voûte d'une belle Assomption de la Vierge qu'on croit pouvoir attribuer à Ghérardini et qui rappelle par son coloris et ses lignes l'immense fresque de la Bibliothèque dont cet artiste est l'auteur^Cet escalier conduit aux grandes salles où la communauté tenait ses réunions et recevait ses visiteurs de qualité. Une inscription latine qu'on parvient à lire, quoiqu'elle soit à demi effacée par le temps, marque sur le milieu de la façade de l'aile gauche que la construction de l'édifice date du règne de

1. Sur (ilicrardini, voir outre Ménorval, les Studi Inbliografici e hiof/rafici. Home ISTT), in-4°, p. 233.09'J. .M. Leroy, d'Orléans, prépare une notice sur ce peintre né à Modène et connu par ses œuvres à la cour de Pékin.

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Louis Xlll. Le fond de la cour se trouve borné par un mur en terrasse qui, par des degrés de pierre, permet d'accéder à un terrain plus élevé. L'extrémité de l'aile droite donne sur cet espace, et l'appartement occupé par Bourdaloue y est situé au premier étage ', avec vue, par deux larges fenêtres, sur le faubourg du Marais, dans la direction de l'ancien hôtel de Sens. Tel est le toit qui abrita le grand prédicateur pendant l'espace de trente-cinq années.

De temps en temps, ajoutons que Bourdaloue faisait de rapides séjours à. la campagne de Monllouis. Cette solitude aux portes du vieux Paris lui était avantageuse, c'était dans son silence qu'il préparait souvent ses sermons. En 1692, la Compagnie eut à souffrir des désastres publics et s'imposa, pour venir en aide à l'État, le sacrifice de Montlouis possédé par elle depuis près d'un siècle. Dès lors le prédicateur fut banni de cette résidence et se trouva ainsi privé dans la dernière période de sa vie et de son apostolat du calme de la maison des champs. L'ancienne propriété des Jésuites fait aujourd'hui partie du cimetière du Père-Lachaise, et la vaste nécropole aune de ses allées qui en porte le nom et qui en perpétue le souvenir. Le Montlouis des Pères, devenu, grâce à leur patriotisme, une partie de la rançon des malheurs de la France et puis l'asile des morts, est un terrain qui a été consacré par la légende' : l'on

1. Cet appartement est afTecté aujourd'hui au lugcnicnt du censor.r des études du Lycée Charlemai^ne.

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