‹ Bourdaloue d'après des documents nouveauxChapitre 295 sur 347 · Lettre du 12 mars 17UG · texte numérisé non relu

Lettre du 12 mars 17UG

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toise, accompagnant M""^ la ducliesse de Bouillon et M. de Turenne son fils à Château-Thierry, ami de Fouquet^ et d'Armand de Béthune, le P. Rapin, l'auteur des Jardins, un maître en poésie latine, occupait une bonne place dans la société aristocratique et lettrée. 11 faut le voir aux prises avec Boileau chez les Lamoignon, le spectacle n'est point banal, et Bourdaloue est là pour compter les coups. La marquise décrit ainsi la scène dans une de ses Lettres. « Les acteurs étaient les maîtres du logis, M. de Troyes, M. de Toulon, le P. Bourdaloue, son compagnon Despréaux et Corbinelli. On parle des ouvrages des anciens et des modernes^ Despréaux soutient les anciens, à la réserve d'un seul moderne, qui surpassait à son goût les anciens elles nouveaux. Le compagnon de Bourdaloue qui faisait l'entendu (c'était le P. Rapin), lui demanda quel était donc ce livre si distingué dans son esprit. Despréaux ne voulut pas le lui dire. Corbinelli se joint au jésuite et conjure Despréaux de nommer ce livre, afin de le lire toute la nuit. Despréaux lui répondit en riant : <( Ah! Monsieur, vous l'avez lu plus d'une fois, j'en suis assuré. Le jésuite reprend avec un air dédaigneux et presse Despréaux de nommer cet auteur si merveilleux. Despréaux lui dit : Mon Père, ne me pressez point. Le Père continue. Knfin Despréaux le

1. Le p. Uapin n'était pas le seul jésuite dévoué à Fouquet. l^a compagnie lui était favorable. Aiiss', à l'issue du procès, à la Chambre de l'Arsenal, quand Olivier d'Ormesson, qui avait arraché son client à la peine capitale, voulut éc,lia|)per au.x uianiCestations tumidtueuses de la l'dulo. il se réfui^'ia à la Maisim professe de l;i rue Saint-.\utoine .

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prend pur le bras et le serrant bien fort lui dit : Mon Père, vous le voulez ; eh bien ! morbleu ! c'est Pascal. Pascal, dit le Père tout rouge, tout étonné, Pascal est beau autant que le faux peut l'être. Le faux, reprit Despréaux, le faux! Sache/ (ju'il est aussi beau qu'il esl inimitable ; on vient de le traduire en trois langues. Le Père répond : 11 n'en est pas plus vrai. Despréaux s'échauffe, et criant comme un fou : Quoi ! mon Père, nieriez-vous qu'un des vôtres n'ait pas fait imprimer dans un de ses livres qu'un chrétien n'est pas obligé d'aimerDieu? Oseriez-vous dire que cela est faux ? — Monsieur, il faut distinguer. . , — Distinguer, distinguer, morbleu ! distinguer si nous sommes obligés d'aimer Dieu! Et prenant Corbinelli par le bras, il s'enfuit au bout de la chambre, ])uis, revenant et courant comme un forcené, il ne voulut jamais se rapprocher du Père et s'en alla rejoindre la compagnie. Ici finit l'histoire, le rideau tombe'. »

Avec ses délicatesses de cœur et ses goûts de bonne société. Chrétien de Lamoignon s'ap))liquait, en effet, à entourer de ses sollicitudes ceux qu'il considérait comme les bons génies de son foyer. En toute circonstance, il était heureux de faire sentira Bourdaloue et à Boileau la joie qu'il éprouvait de leur union, il usait pour cela des plus gracieuses industries. Sous le moindre prétexte, c'était une invitation collective à Bàville à l'occasion de laquelle il déclarait à l'un et à l'autre qu'il les jugeait insé-

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