‹ Bourdaloue d'après des documents nouveauxChapitre 296 sur 347 · Lettre du l"i janvier IGIJO · texte numérisé non relu

Lettre du l"i janvier IGIJO

BOiioALiiLT. ;iO

BOL'HDALOUE

])arables et qu'ils faisaient œuvre pie à son égard en l'acceptant. Ces amabilités, dans leurs mille détails, n'étaient de sa part que la preuve de son dévouement envers le prédicateur et le poète qu'il voulait voir de plus en \Aus étroitement liés. M"'^ de Lamoignon ne s'intéressait ])as moins vivement à cette œuvre d'union, et on peut juger de ses sentiments à l'égard des deux amis ])ar l'attention si délicate qu'elle devait avoir au lendemain même de la mort de Bourdaloue, en donnant h Boileau le portrait du célèbre prédicateur. On sait que le poète, ému jusqu'aux larmes, l'en remercia par ces vers, sincère expression de sa gratitude pour elle-même et de son admiration pour son ami :

Du plus grand orateur dont la chaire se vante,

M'envoyer le portrait, illustre présidente,

C'est me faire un présent qui vaut mille présents,

J'ai connu Bourdaloue, et dès mes jeunes ans,

Je fis de ses sermons mes plus chères délices.

Mais lui de son côté lisant mes vains caprices

Des censeurs de Trévoux^ n'eut point pour moi les yeux.

Ma franchise surtout gagna sa bienveillance.

Enfin après Arnauld, ce fut l'illustre en France

Que j'admirai le plus et qui m'aima le mieux '^ . "

Cedernier vers où l'amitié de Bourdaloue était estimée par Boileau comme la plus sûre et la meilleure de toutes, devait résonner suavement à l'oreille et au cœur des Lamoignon. C'était l'aflirmation touchante

Page 1