Alexiiiidre Lenoir. Musée des niouuiueuts français
nOURDALOUE, L HOMME ET LE PRÊTRE 5H
écarter les voiles qui recouvrent le passé ; on a la vision des événements et des hommes d'une des plus l)elles et des plus glorieuses périodes de l'histoire ; l'éloquence de Hourdaloue en estl'évocatrice. Comme s'il répondait, en efl'et, à son appel, le xvii" siècle revit sous ces voûtes. L'apparition des grandes existences et des grandes choses d'autrefois reflète ses projections brillantes sur les choses et les personnes obscures du présent, et elle saisit et émeut. A ce spectacle, on se surprend à dire : c'est ici que retentit la noble parole qui célébra la religion de M. le Prince et l'héroïsme de Condé; c'est ici queBourdaloue monta à l'aulel et siégea au tribunal sacré où se pressaient les gens de cour et les gens du peuple; c'estici que, parvenu au terme de sa course, le religieux voulut prendre le dernier repos. A ces souvenirs, on sent que les mots de mort et de vie sont des expressions relatives. N'est-ce pas vivre, et vivre de la vie la plus pure et la plus noble, que de vivre dans ses idées et que d'être présent dans l'esprit et le cœur de ceux qui vous ont entendu et compris, admiré et aimé ? Sous l'empire de ces pensées, dont la mélancolie rapproche notre grandeur de notre petitesse, se dessine la scène fatidique qui a ému de tout temps le cauir des hommes, la lutte dramatique de la vie aux prises avec la mort. El alors, si pour en recueillir et lixer les tragiques alternatives le visiteur de Saint- l*aiil-Saint-Louis descend « aux sombres lieux ' » où repose la dépouille mortelle de l'illustre