‹ Bourdaloue d'après des documents nouveauxChapitre 334 sur 347 · Notice, p · texte numérisé non relu

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3. En 1790, quand les chanoines de Sainte-Geneviève, qui avaient été mis en possession de l'église de la rue Saint-Antoine, furent supprimés à leur tour, Saint-Louis devint un dépôt public des Bibliothèques, on y renferma 1.200.000 volumes et la crypte échappa ainsi à la profanation.

i. D'après l'auteur des Dociinienls itiédils .sur r/iialoire de France, les cercueils de plomb dont nous avons indiqué la présence provenaient des autres caveaux de l'église {Ancien diocèse de Paris, t. I. p. 518).

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torique sur la paroisse rot/aie Sahit-Paul-Saint -Louis (1842, in-8") ; par l'abbé Yalentiii Diifour, dans son Charnier de V ancien cimetière Saint-Paul (1866, in-8°) ; par Cocheris, dans sa réédition de V Histoire du diocèse de Paris ^ de Tabbé Lebeuf; par M. de Guilhermy, dans ses Inscriptions de Vancien diocèse de Paris ; enfin par M. de Ménorval dans sq?, Jésuites de la rue Saint-Antoine (1872, in-8") '.

Parmi les hanls pei'sonnages qui léguèrent leur cœur à l'église des Jésuites ou qui y furent ensevelis, on compte au nombre des premiers, des grands, des princes, des rois. En 1643, Louis XIII, qui avait élevé le temple à la gloire de son saint aïeul et qu'on voit représenté encore dans un beau tableau de Vouet, le seul qui reste, olTrant à Dieu la maquette de l'édifice, donna par testament son cœur à Saint- Louis. Une inscription gravée dans la chapelle contiguë à celle de Saint-Ignace marque la place où s'élevait ce monument funéraire. A son exemple, Louis XIV, en 1715, légua lui aussi son cœur au même sanctuaire ; les deux rois par cet acte pieux

1. Nous avons remarqué dans notre visite les noms suivants : Le P. Annat, 14 juin 1670; le P. Le Moyne, 23 août 1671; le P. de Verthamon, 26 juillet l(i86; le P. Giroust, 19 octobre 1689; : le P. Grasset. 4 janvier 1692; le P. Jourdan, 7 février, 1692; le P. Pallu, 7 juin 1697; le P. Valois. 12 septembre 1700 ; le frère Robineau. le socius de Bourdaloue, 23 septembre 1702 ; le P. Hnurdaloue, 13 mai 1701: le P. de La Chai/e, 20 janvier 1709; le P. de Gonnelieu, le traducteur de Vlmitation de Jésus-Clirhl, 28 février 171.5; le P. Gaillard, 11 juin 1727; le P. du Trévou, 1" juillet 1729. Les liens qui unissaient l'ancien évéque d'Avranches à Bourdaloue et aux Pères de la Maison professe étaient d'une nature trop étroite pour ne pas ajouter à ce nécrologe de famille le nom respecté et béni de Daniel Huet; le docte et pieux prélat avait pris place dans les caveaux de Saint-Louis le 26 janvier 1721.

avaient désiré se mettre sous le patronage du grand saint de leur race et donner une marque de leur sympathie et de leur estime à la Compagnie de Jésus, En 1646, Henri II de Bourbon, Condé, voulut, lui encore, que son cœur fiit porté à Saint-Louis ' . Par les soins de la princesse Marguerite de Montmorency, sa veuve, il fut placé dans la chapelle de Saint-Ignace au bas du transept. Un magnifique monument, du au ciseau do Sarazin et qui coûta à cet artiste un travail de seize années, se dressait dans la chapelle des Condé et faisait face au monument du cœur de Louis XIII 2. M. le Prince y était représenté en pied et dans sa tenue de guerre. Bourdaloue s'était incliné devant

1. Voir la broi'hure intitulée : le l'ère du grand Condé. p. 17. par le P. H. Chf-rot.

2. Le monument de Henri II de Bourbon fut exécuté par le maître de la sculpture française, Jacques Sarazin. L'artiste s'inspira pour les basreliefs des Triomphes de Pétrarque et réalisa un vrai chef-d'œuvre. La beauté de ses statues et de ses bas-reliefs est admirable. Le monument a passé par beaucoup de vicissitudes. Sauvé par Lenoir et restauré par lui. il avait été, en 1790, réuni aux divers morceaux de sculpture française recueillis aux Petits-Augustins. « Les statues et bas-reliefs, disposés dans un ordre nouveau, furent adossés aux murs de l'Elysée (on appelait ainsi le jardin). Là, sous les berceaux de verdure et au bord des fontaines, ils eurent pour voisins les tombeaux de Dagobert, la chapelle d'IIéloïse et d'Abélardet l'exquise façade élevée àléglise de Xogent-sur- Seine par Philippe de Lorme. Vis-à-vis, à l'ombre d'un large sapin, le sarcophage de Descartes était porté par quatre gryphons. » Voir Le Père du grand Condé et les diverses sources indiquées par le P. IL Chérot, p. 40. Réclamé par le prince Louis-Joseph Je Condé en 181(i, le monument rentra dans la possession de la famille et fut déposé d'abord dans les remises de l'hôtel de Bourbon, puis transporté à Chantillj'. Ce n'était que trente ans après l'exil des princes d'Orléans que le duc d'.Vumale, Henri d'Orléans, le plaçait dans la chapelle du château. Les cœurs des Condé. de 182(5 à 1883, avaient été confiés à la garde de l'église paroissiale de Chantilly. Ils sont aujourd'hui renfermés dans une sorte de tabernacle surmonté d'une urne, entre les deux statues de Sarazin, la Douleur et la Valeur: l'Institut de France, héritier du duc d'.Vumale, veille sur eux comme sur les plus précieuses reliques de notre gloire natio-

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le cœur de Henri lien 1GS.3, au moment où il st'-lail dirig-é vers la chaire pour prononcer son oraison funèbre. Imilanl son illustre père, Louis II, le vainqueur de Rocroy, léguait son cœur aux Jésuites en i686 ; cela devenait comme de tradition chez les princes du sang: Henri-Jules, lelilsdu grand Condé et Louis lil son petit-fils devaient avoir eux aussi les leurs placés dans le monument de la chapelle Saint- Ignace en 1709 et en 1710. Ainsi les grands, les princes, les rois tenaient à honneur de léguer leur cœur aux Jésuites de la rue Saint-Antoine.

Quant aux morts de distinction qui furent ensevelis dans l'église Saint-Louis, nous citerons : Anne- \ Marie de Luynes, fille du connétable et de Marie de Rohan la célèbre duchesse de Chevreuse, décédée le 26 septembre 1646, âgée de trente-huit ans'; Catherine-Henriette, épouse de Charles de Lorraine, deuxième duc d'Elbeuf; Marie-Marguerite-Ignace de Lorraine, sœur du duc d'Elbeuf, décédée le 12 août 1679, à Tàge de quarante-cinq ans et enfin plusieurs membres de la famille de Bouillon. Ces morts illustres dont les cendres se sont mêlées à celles des religieux de la Maison professe composaient un trop honorable entourage à Bourdaloue pour ne pas marquer ici la place occupée par eux dans les caveaux de Saint-Louis.

nale Pourquoi n'a-t-on pas marqué à Saint-Paul-Sainl-Louispa une inscription la place qu'occupaient les cœurs des Condé, comme on y a marqué celle des cœurs de Louis XIII et de Louis XI V?

1. Sa vie avait été consacrée aux bonnes œuvres, et elle était une des bienfaitrices de iéglise Saint-Louis.

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Si, après un passé de deux cents ans, les restes vénérés du grand prédicateur ne sont plus à cette heure que des ossements confondus avec d'autres ou une poignée de poussière insaisissable, on sent malgré cela que des reflets d'immortalité les raniment et les vivifient. Ainsi, à l'heure prochaine où va s'ouvrir son deuxième centenaire, Bourdaloue existe encore dans toute la puissance et toute la beauté de son caractère et de son talent. Il parle, on l'entend, on l'écoute, et sa voix, mieux que le pinceau et le ciseau des maîtres, lui donne et assure ressemblance et vie : il est, en effet, tout entier dans ses œuvres. Les pensées et les mots sont des miroirs qui reproduisent les âmes et à travers lesquels passe le souffle de l'esprit qui ne meurt pas, l'éloquent prédicateur de Louis XIV est en pleine survivance. N'est-il pas tout entier dans les vérités qu'il expose, qu'il défend et qu'il venge? N'est-il pas tout entier dans les âmes qu'il éclaire, qu'il dirige et qu'il sauve? N'est-il pas tout entier dans le Dieu qu'il sert, qu'il aime et qu'il adore? Qu'importe que sa parole n'ait pas le haut vol, les éclairs éblouissants, les sublimités magnifiques de celle de Bossuell Qu'importe que sa parole ne s'affine pas par l'atticisme au foyer et à l'idéal des anciens comme celle de Fénelon ! L'éloquence de Bourdaloue a sa distinction, son cachet, sa maîtrise. Supérieure en naturel, en clarté, en énergie, elle est simple, noble et puissante, parce qu'elle est faite des convictions inébranlables de sa foi, des preuves irrésistibles de sa raison, des flammes ardentes de son

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zèle, des virilités courageuses de son verbe et des vertus religieuses de son âme. Sa prédication, c'est lui-même, lui tout entier, l'homme et le prêtre. Aussi sa mémoire est immortelle, la figure de Bourdaloue dans Taiiréole de sou éloquence a été sculptée par l'histoire!

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