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olvektlkl: ue sa prédication 79
et voyez. C'était un homme de fortune comme vous ; t'u peu d'années il s'était enrichi comme vous ; il a eu h\ folie de vouloir laisser après lui une maison opulente et des enfants avantageusement pourvus. Mais le voyez-vous maintenant ? Voyeij-vous la nudité, la j)auvreté où la mort l'a réduit. Où sont ses revenus? Où sont ses meubles somptueux? A-t-il quelque chose de plus que le dernier des hommes? Cinq pieds de terre et un suaire, rien davantage. Oli est devenu tout le reste? Venez et voyez, homme du monde, idolâtre d'une fausse grandeur : vous êtes possédés d'une ambition qui vous dévore ;... elle vous occupe, elle vous enchante, elle vous enivre. Considérez ce séj)ulcre : qu'y voyezvous? C'était un seigneur de marque comme vous, peut-être plus que vous ; distingué par sa qualité comme vous, et en passe d'être toutes clioses. Le reconnaissez-vous? Voyez où la mort l'a fait descendre. Voyez-vous à quoi elle a borné ses grandes idées? Voyez-vous comme elle s'est jouée de ses prétentions? Venez et voyez, femme mondaine, venez; vous avez eu pour votre personne des complaisances extrêmes ; la passion qui vous domine est le soin de votre beauté, et parce que cette passion est démesurée, elle vous entretient dans une mollesse honteuse, elle produit en vous des désirs criminels de plaire, elle vous rend complice de mille péchés et de mille scandales. Venez et voyez : c'était une jeune personne aussi bien que vous, elle était l'idole du monde comme vous, aussi spirituelle que vous,
aussi recherchée et adorée que vous. Mais la voyezvous à présent? Voyez-vous ces yeux éteints, ce visage hideux et qui fail horreur. C'est de quoi réprimer cet amour infini de vous-même'. »
De telles considérations représentent, sous des traits que le temps n'efï'ace pas, l'impuissance, la vanité et le néant de l'homme. Toutes les joies, tous les rêves de la jeunesse, du plaisir, du succès, de la faveur, tout ce que l'on recherche, l'on convoite et l'on aime : le génie, l'art, la fortune, la félicité, la beau té, la gloire, tout vient donc s'échouer et s'évanouir au tombeau! La mort est reine. Aucune grandeur ici-bas ne traite avec elle de puissance à puissance, elle est au-dessus de tout, elle nivelle tout, et fauche sans se lasser jamais les tètes les ])lus hautes, les fortunes les |)lus enviées, les existences les plus heureuses. Sous l'impression de ce langage, M"'*" de Sévigné avait bien le droit de s'écrier : « Bourdaloue a prêché au-delà de tous les beaux sermons qu'il ait jamais faits '^. » Cette parole, à la fois si simple et si forte, bouleverse et anéantit. Elle donne la sensation de l'inévitable et erfrayante réalité, chacune de ses expressions fait passer sous les yeux l'inexorable exécutrice, et on sent la mort s'avancer implacable, impiloyable, suivie de l'interminable cortège de nos espérances trompées, de nos larmes inconsolées, de nos regrets im])uissants et de nos deuils sans lendemain. Et, à sa vue,