LES PREMIÈRES PRÉDICATIONS
Sil est une période où, selon le mot très juste de Feugère, «la biographie de Bourdaloue est un mécompte», c'est à coup sûr celle de ces années de prédications en province, si peu connues et offrant si peu de chances de reparaître Jamais à la lumière. Bien que Rouen possédât une maison où Bourdaloue eût pu faire cette troisième année de probation dont nous avons parlé, c’est en Lorraine, à Nancy, qu’il fut envoyé à la fin de 1664, pour y passer dix mois de retraite et de prière, interrompus seulement par une prédication au temps du carême. Le P. Lauras insinue avec vraisemblance que le séjour à Rouen, où il venait d'acquérir un certain renom, n’eût pas rendu assez facile pour notre orateur le calme et le recueillement exigés pour cette interruption dans la vie active *. Le même auteur, notant ce fait qu'au catalogue de cette année 1665, le nom de Bourdaloue est exceptionnellement précédé de la particule, dit que «ses confrères de Lorraine, qui ne le connaissaient encore que par sa réputation Ÿ », commirent cette erreur. Peut-être est-ce là enfler à l’excès le renom que les premiers sermons ou l’enseignement avaient pu lui créer, et il est
1. V. plus haut, p. 231, et sur cette maison de Rouen, où plus tard le P. Judde fut instructeur, la note a du livre 17 de la re partie, p. 204.