L'INCIDENT DU LUNDI DE PAQUES
à celui du non moins haineux Gui Patin, est à citer. L'identité des premiers mots paraît bien trahir une source commune, C'est-à-dire une gazette manuscrite, de ces « nouvelles à la main », comme il en courait tant dès lors av Paris it
On parle fort ici d'une lourde bévue que fit le Père Bourdaloue, Jésuite, dans le dernier sermon qu'il fit à la fin du Carème, dans l’église S' Louis de la rue St Anthoine, ou il avança des propositions si hardies que Monsieur le Prince qui estoit un de ses auditeurs prit la peine de les écriré sur ses tablettes pour la rareté du fait et en parla au Roy qui a témoigné n’en être pas satisfait, et qui a failli à le faire interdire, car Sa Majesté n'aime point de tels brouillons dans l’église ?.
Faut-il rapporter à lincident du sermon du lundi de Pâques, 7 mars 1670, à propos de ladultère trop complaisamment toléré par un curé d'Angleterre les bruits qui ne devaient point manquer de circuler sur la future duchesse de Portsmouth ?
Ne trouvez-vous point bon aussi de savoir que Kéroual 3, dont l'étoile avait été devinée avant qu’elle partit, l’a suivie très fidélement. Le roi d'Angleterre l’a aimée.
Si tous les propos racontés par Patin et la Gazette
1. Feugère, dans sa leçon déjà citée sur Mme de Sévigné, a signalé ce grand nombre de « gazettes ou nouvelles à la main » que la Fronde avait fait naitre, mais qui ne disparurent point avec elle, malgré les efforts de Colbert : « Souvent, dit-il, quand on n'avait pas le temps d'écrire longuement, on ajoutait à sa lettre quelqu'une de ces feuilles manuscrites qu'on s'était procurées..» LL. c., p.582 V Pierre Clément : La Police sous Louis XIV (appendice), les lettres de la Reynie à Séguier, 24 juin 1667, à Colbert, 23 avril 1670, sur ce même sujet.
9. Gazelle d'Amsterdam, mardi 29 avril 1670, N° 15. Bibl: nat. G. 1214, in-4.
3. Louise-Renée de Penancoët de Keroualle menée en Angleterre par Mme Henriette en 1670 et devenue maitresse de Charles IL. Cf. Sévigné,1v, p. 128, lettre du f1 septembre 1675, Correspondance de Bussy. t. 11, p. 254.
Milord Charles duc de Richemont, qui abjura, pour un temps, le ?1 octobre 1685, à Fontainebleau, entre les mains de Bossuet”, était le fils de la duchesse de Portsmouth, peut-être l'enfant qui devait naître un mois après la lettre de Mme de Sévigné.
* Dangeau, 1, p. 256.
hollandaise ont trait à ces évènements de la vie privée de Charles IT, Louis XIV ne devait pas être bien aise de voir incriminer la conduite de son futur allié, Dans la même lettre, M*° de Sévigné écrivit en effet :
On dit que les Anglois ont battu cinq vaisseaux hollandois, et que l'ambassadeur a dit au Roi que le Roi son maître avoit commencé la
guerre sur la mer, et qu’il le supplioit de lui tenir sa parole, et de la commencer sur la terre.
Le texte énigmatique de la Gazette de Hollande nous apprend du moins que le grand Condé (M. le Prince) aurait assisté au dernier sermon du carême de Bourdaloue, et que, si c’est bien celui du lundi de Pâques, il aurait été moins satisfait que LL. AA. RR. Souhaitons qu'un historien anglais trouve la solution du problème.
L'incident prouve que lattention à chercher la clef des allusions et des « portraits » dans les sermons de Bourdaloue, ne date point seulement de l’avent 1671 où M" de Sévigné entendra dire qu'il vient de faire à Saint-Jean-en-Grève, le portrait de Tréville. Sa phrase : on dit qu'il s’est mis à dépeindre les gens ! » pourrait faire croire à tort à une nouvelle manière de Bourdaloue. Sans attendre jusqu'alors, Bourdaloue mit « de l'actualité » dans ses sérmons. Où est-elle et qu'en a fait l'édition authentique ?
Si Bourdaloue faisait dès lors des allusions, il ne dut point se priver d’attaquer les jansénistes, car la paix de l'Eglise (bref du 19 janvier 1669) était une trêve fort mal gardée,
Le 28 septembre 1669, la Gazette annonce que la Morale pratique des Jésuites vient d’être lacérée « par sentence du sieur de Larey (sie pour la Reynie), lieutenant de police ?, » Les jésuites, dit l’auteur de la vie