III. — Le carême à Notre-Dame et l’avent de Saint-Jean
en-Grève (1671).
1er Janvier. — Ce jour-là, on pourrait dire cette nuit, mourait l'archevêque de Paris, Hardouin de Péréfixe, qui, au mois de mai 1670, avait fait inviter Bourdaloue pour le carême de Notre-Dame, et dont l’orateur devait brièvement rappeler la mémoire au début de cet'e station. La Gazette et les journaux privés du temps ont signalé l'événement !. Dès le 5 janvier, on connaissait son successeur, Harlay de Champyallon, qui était archevêque de Rouen lorsque Bourdaloue avait quitté cette ville ?. Il est difficile qu'il n'ait point dès lors, durant son année passée à Rouen 1668, prêché devant ce prélat. Peu im-
portait d’ailleurs pour la station du carême à Notre-Dame, .
arrêtée depuis le mois de mai précédent, et qui sans doute ne s’ouvrit même point devant le nouvel archevêque, Harlay n'ayant pris possession que trente-cinq Jours après les Cendres, le 18 mars Ÿ.
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Notons, à la Maison professe, le re" janvier, le sermon du futur archevêque de Reims, Maurice Le Tellier, encore coadjuteur du cardinal Barberini retourné en Italie, et
1. Gazelle, n° 3, p. 22, 3 janvier, aux notes du livre 11, note a. 9, Gazelte du 10 janvier. Cf. Notes du livre 11, note b.
3. Le nouvel archevêque de Paris, proviseur de Sorbonne, n'était point docteur : il se hâta de prendre ses grades, et la Gazelle du 14 mars écrit, p. 218 :
Le 12, l'archevêque de Roïüen, nommé à l’archévesché de Paris, pour ne perdre aucune occasion de servir l'Église, ayant fait sa licence depuis longtemps, receut le bonnet de docteur en la chapelle du palais archiépiscopal..….
P. 271. De Saint-Germain, le 20 mars : « Le 14 de ce mois, Mre François Harlay de Chanvalon, archévesque de Paris, presta entre les mains du roy le serment accoutumé. »
C'est seulement le 18 mars qu'il prit possession de son siège et reçut le pallium des mains de l'évêque de Meaux, Dominique de Ligny, le prédécesseur de Bossuet, 1659-1681. (Gazette, p. 272). Cf. plus bas, p. 537,
archevêque de Nazianze depuis le 11 novembre 16681. Le fait ne se rattache à la prédication de Bourdaloue que par le renseignement chronologique qui élimine l’année 1671 pour le sermon de la Circoncision. Encore faut-il supposer, et c'est vraisemblable, que le sermon de Bourdaloue fut donné à la Maison professe. Du reste en ce mois de janvier notre prédicateur devait être lout entier à son carême de Notre-Dame,
L’invitation et les démarches qui s’y rattachent ont laissé des traces dans les documents officiels. Si les registres anciens du Chapitre de la métropole ont disparu, des extraits faits par un chanoine nommé Sarazin, archiviste du chapitre, sur les pièces originales existant de son temps, ont été conservés?. On y lit, en 1070.
Ven. 2 mai]. (Le 2 mai est en effet un vendredi.)
Commissi sunt rogati Dni Decanus, Fournier, Joly et de Lamet 3,
l. « Leurs Majestez, dit la Gazette, le 1 du courant, feste de la Circoncision allèrent en léglise des Feüillans, D. Côme, (général de l'ordre, prédicateur désigné du carème de la cour), les y reçut. La Reyne ayant auparavant fait ses dévotions en l'église de S. Thomas du Louvre, où Sa Majesté fut receue par le doyen L'apresdinée... à Saint-Louis de la rue S Antoine, (Leurs Majestés) avec Mike d'Orléans, etc... y entendirent la docte et éloquente prédication que le coadjuteur de l'archevêque de Rheims fit avec admiration de toute la COUTANCES MD 20)r
?. Communication de M. Léon Le Grand, Archives nationales (LL 263, fol. 261, v Rexistre en parchemin provenant des anciennes archives du Chapitre métropolitain de N -D et intitulé Varia.)
3. Le doyen du chapitre était Jean-Baptiste de Contes, né en 1601, élu le 1er décembre 1647, mort le 4 juillet 1679 Il faut lire à ce sujet une lettre curieuse et sévère de l'abbé de Pontchàteau, en date du 4 août 1679, V. dans Port-Royal, t. 1v, p 131. Cf. Notes du livre ut, note ç.
Les autres chanoines nommés me sout inconnus, sauf Joly, en qui sans doute il faut reconnaitre Claude Joly, petit-fils de Loysel et comme lui laborieux érudit. Né en 1697, avocat, puis chanoine en 1631, il devint théologal et grand chantre du chapitre de N.-D; m. en 1700. Dé Lamet, que des biographes écrivent Delamel, serait-il le docteur en théologie de la maison de Sorbonne mort le 10 juillet 1691. et connu par des décisions données de concert avec Sainte-Beuve?
« Le chapitre de Notre-Dame comprenait buit dignités, savoir : le doyenné à la nomination du chapitre, la chantrerie, les archidiaconés de Paris, de Josas et de Brie (Cf. infra, p. 344, n, ?), à la nomination de