‹ Bourdaloue: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporains (volume 2)Chapitre 199 sur 367 · SERMON SUR LA PENSÉE DE LA MORT · texte numérisé non relu

SERMON SUR LA PENSÉE DE LA MORT

sentir ce que vous avez perdu, & qu'ils vous rendent sa mémoire plus chere.

Cependant, aprés nous estre acquitté de ce qu'exigeoient de nous la pieté & la reconnoissance, il est juste, mes chers Auditeurs, que nous fassions un retour sur nous-mesmes : & que pour profiter d’une mort si chrestienne & si sainte, nous joignions la cendre de son tombeau à celle que nous presente aujourd'huy l'Eglise, & nous tirions de l’une & de l'autre une importante instruction. (pensée de la mort, affligeante, mais salutaire)... & peut-estre, comme salutaire, vous deviendra-t-elle enfin, non seulement supportable, mais consolante & agreable. Quoyqu'il en soit, je veux vous en faire voir les avantages, & c’est par là que je commence le cours de mes Predications.

Cet exorde est assez étroitement lié et soudé au sujet qu'il annonce pour nous faire espérer que nous avons, dans l’édition, substantiellement le discours même entendu à Notre-Dame le 11 février 1671.

Ce début, limé ou non par Bretonneau, ne renferme rien qui ne doive avoir été dit en cette circonstance. Pour toute annotalion historique, l'éditeur ajoute, en marge, en face des mots « occupée à pleurer... son Prélat », cette sobre mention : M. de Pérefixe, Archevesque de Parts. Par bonheur les journaux du temps nous aident à dissiper la difficulté que feraient naître la comparaison de la date du jour des Cendres, 11 février, avec celle de la mort (1° janvier) ou des funérailles de l’archevêque (4 janvier). Non-seulement les deux mois qui suivent le décès de Péréfixe sont semés de services funèbres célébrés dans les diverses églises de Paris !, mais nous tenons le jour même de celui auquel fait si clairement allusion lorateur, qui apparemment y assistait et, en ce cas, entendit l’oraison funèbre prononcée par Fromentières. Le 15 janvier, le chapitre de Notre-Dame avait fait célébrer un service, inaugurant la série des cérémonies analogues demandées aux diverses paroisses, mais sans préjudice d’une Messe

1, V. notes du livre 11, note b.

solennelle qui devait être célébrée en grande pompe dans la Cathédrale !.

Or c’est le vendredi 7 février que fut tenue cette pro-

messe, dans la basilique où s’ouvrail à trois jours de là le

carême prêché par Bourdaloue ?.

€ L’Extraordinaire » de la Gasette est tout entier consacré au récit de cette cérémonie, inütulé le Service Solennel, Fait en l'Eglise de Nostre-Dame, pour Messire Hardoüin de Péréfixe, Archévesque de Paris ?.

Sauf quelques plaquettes extrêmement rares, comme en renferme la belle collection d'Oraisons funèbres de M. l’abbé Follioley, telles que les éloges prononcés en l’honneur de Péréfixe par l’abbé Cassagne, Gaudin, etc. #, excepté aussi le discours de Fromentières, plus aisé à rencontrer, élant reproduit dans ses Œuvres meslées, il n’est guère entré dans le domaine public, sur l’archevêque

1 De Paris, le 17 janvier 1671. Le 15, le chapitre de Nostre-Dame, pour rendre ses devoirs à la mémoire de Mre Hardoüin de Péréfixe, archevêque de Paris, fit un Service, qui doit estre süivi d'un pareil dans toutes les Eglises de cette ville, en attendant que l’on en fasse un en ladite Cathedrale, où rien re sera oublié pour couronner ces honneurs funèbres par une Pompe digne des grands mérites de ce Prélat & de l'affection que ses Diocesains avoyent pour luy.

?. Le 7, écrit la Gazette du (4, on fit en l'Eglise de Nostre-Dame, le Service solennel, pour Messire Hardoüin de Pérefixe avec toute la pompe imaginable. La Nef estoit tendue de noir ainsi que le Chœur, depuis les voûtes jusques en bas, avec deux Lez de velours : & au milieu du chœur, il y avoit un Mausolé éleué sur une Estrade, d'une manière tout à fait magnifique. Le Parlement, la Chambre des Comptes, la Cour des Aydes, l'Université & le Corps de Ville, qui avoyent esté invités le jour précédant y assistèrent, ainsi que les Evesques au nombre de plus de trente, à la teste desquels estoit l'Archevesque d'Ambrun, Evesque de Mets : et les Parens s'y rendirent précédez de cinquante Pauvres vestus de gris, portans de grosses torches garnies d'Ecussons. La Messe fut célébrée par le Sieur du Plessis, Chanoine de ladite Eglise et l'éloge prononcé par l'Abbé de Fromentières avec un merveilleux applaulissement : ensuite de quoy, on fit les Aspersions & Encensemens ordinaires, autour de ladite teprésentation, comme vous verrez plas particulièrement, dans le Détail de cette Pompe funèbre. (NEO SD 155):

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4. Je ne saurais assez remercier M. l'abbé Follioley de l'indication de ces titres d'Oraisons funèbres qu'il m'a communiqués avec une extrême bienveillance. On les trouvera, aux notes du livre 11, note d.

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