‹ Bourdaloue: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporains (volume 2)Chapitre 207 sur 367 · BOURDALOUE REMPLACÉ LES 22, 23 ET 24 MARS · texte numérisé non relu

BOURDALOUE REMPLACÉ LES 22, 23 ET 24 MARS

M. Léon Le Grand a bien voulu nous signaler, que les sermons du dimanche des Rameaux {22 mars), lundi et mardi saints, 23 et 24 mars, ne furent point donnés par Bourdaloue, autorisé par le chapitre à se substituer le P. Jobert, un de ses futurs commensaux de la Maison professe, el que nous verrons encore, en 1681, suppléer Bourdaloue pour un carême à Aix.

1671 Sabb. 21 mart. (Veille des Rameaux) Permiltitur per DD. patri Bourdaloüe (lorthographe de son nom est enfin connue des chanoines) Soctetatis Jesu, id postalanti, abstinere a concione diebus lunae et marlis majoris hebdomadae, simul et licentiam

substituendi R. patrem Joubert, ejusd. Societatis, qui die Dnica palm. crastina concionatur.

Bourdaloue aura-t-il senti quelque fatigue et se sera-t-il ménagé pour sa Passion du vendredi saint !?

IL est à croire que M°° de Sévigné n’alla point essayer au jour des Rameaux, ni aux deux sermons suivants, la comparaison entre Jobert et Bourdaloue, mais courut en Mascaron. Elle se proposait d'entendre une belle Passion :

1. Le P. Jobert qu'il proposait à sa j;:lace, d'après le document, auraitil été officiellement invité pour le Dimanche des Rameaux ? On peut admettre la suppression des deux sermons de la semaine et la substitution restreinte au jour des Rameaux.

Le P Louis Jobert (1637-1716) est nommé par Le Gendre en tête des jésuites qui, lors de son arrivée à Paris”, étaient plus dignes (du nom de prédicateur), quoiqu'ils ne soient parvenus qu'à une réputation moyenne. « Jobert, étoitaflectif », dit-il Il fut plus connu peut-être comme numismate que comme orateur, et son livre de La Science des médailles, 1692, a eu du succès. Né à Paris et entré au noviciat en 1652, il enseignait la rhétorique au moment où il remplaça Bourdaloue. Plus tard, il se livra à la prédication et composa des ouvrages de piété encore réimprimés ” ; ileut aussi une polémique avec Arnauld *”, mais surtout il traduisit, en l'abrégeant, la Démonstralion évangélique de Huet, son ami, ouvrage qui demeura manuscrit « de peur, dit le P. Oudin, qu'on ne préférat l’abrégé à l'original Jatin 7”.

+ [e Gendre, p. 19. Ce doit être vers 16801 au plus tôt, car Le Gendre n'est nommé dans la Lisle qu'à l'avent de 1685, et il insinue qu'il eut peu après son arrivée, par des sermons de vêtures et professions, occasion de se faire connaitre et de donner des stations (p. 8).

“* Eludes, nov. 1896, p. 812.

“#4 Symmervogel, Bibliolh. de la Compagnie de Jésus, t. 1v, coll. 803-806 Lettre du 8 fév. 1683. — Letbres d'Arnauld, Œuvres, 1775, t. 11 p 815.

sat Michault, Mélanges, 11, p. 56.

Je veux, demain, écrit-elle de Livry le jeudi saint 26 mars, aller à la Passion du P. Bourdaloue ou du P. Mascaron. J'ai toujours honoré les belles passions 1.

Elle ne parle point du Jubilé qui s’ouvrit le lundi 23 mars à Notre-Dame par une messe que chanta l’archidiacre de Paris, l'abbé de la Mothe, en présence de l’archevêque ?. Il n’est point question dans le récit de la Gazette qu’un sermon y fût prononcé : de là, et surtout d’après le document du chapitre, élimination, cette année, du sermon pour l'ouverture du Jubilé qu'on lit dans les Mystères *. Ce sermon d’ailleurs qui, parlant «de l’année sainte et du siècle révolu », doit être plus probablement rattaché à 1701, fut sans doute prêché un certain nombre de fois aux divers et fréquents jubilés qui se rencontrent au temps de la prédication de Bourdaloue. Des éliminations successives sont la seule méthode à suivre pour conclure à coup sûr certaines dates.

M" de Sévigné, nous l'avons vu, ne put entendre la Passion de Bourdaloue. La foule lui fit Durée

J’ai entendu la Passion du Mascaron qui en vérité a été trés belle

et très touchante. J’avois grande envie de me jeter dans le Bourdaloue ; mais l'impossibilité m'en a ôté le goût: les laquais y étoient dès

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