‹ Bourdaloue: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporains (volume 2)Chapitre 209 sur 367 · LA PASSION DE 1070 RÉPÉTÉE · texte numérisé non relu

LA PASSION DE 1070 RÉPÉTÉE

mercredi et la presse étoit à mourir. Je savois qu'il devoit redire celle que M. de Grignan et moi entendimes l’année passée...

Gazette du 28 mars : le 26, Monsieur ! après avoir assisté aux Ténèbres dans le Monastère des Religieuses de Chaliot arriva en cette ville. Le lendemain, Son Altesse Royale suivie de toute sa Maison, alla à pied, faire ses Stations à la Cathédrale, où Elle entendit le Sermon de la Passion, du Pére Bourdaloüe lésuite, qui s'en aquita avec grand applaudissement de son Auditoire…

M°° de Sévigné se fait l'écho des assistants :

Ah ! le Bourdaloue, il fit, à ce qu'on m’a dit, une Passion plus parfaite que tout ce qu'on peut imaginer: c'étoit celle de l'année passée qu'il avoit rajustée, selon ce que ses amis lui avoient conseillé, afin qu'elle fût inimitable.

D’après ce témoignage, les répétitions et redites élaient beaucoup plus « reçues » qu’on ne pourrait croire. Les auditeurs ne s’en plaignaient pas, les désiraient même, ce qui jette un Jour sur la façon dont ils concevaient le « sermon. » N'y allait-on point un peu comme à un spectacle, comme à la représentation d’une œuvre de

1. Le second mariage de Monsieur est du 21 novembre 1671 et ron du 15, comme écrit le P Chérot dans Bourdaloue inconnu, p. 26, n. 1. C’est la cérémonie de l’abjuration qui eut lieu le 15, selon certains auteurs, et peut-être plus tôt, car on lit dans une communication envoyée à la Gazelle en date du 14, que M#ereçue par Mer l'archevêque d'Ambrun (La Feuillade), entend de lui une exhortation et des félicitations sur son abjuration, et qu’il y eut le 16 confession au P. Jourdan et première communion. (Gazelle, p. 1140). Pour tout accorder, il faut peut-être rapporter la date du 15 ou 16 à un marjage par procureur, mais c'est le 21 que Madame reçoit à Châlons son nouvel époux (p. 1145). — Le 28, le roy « va recevoir » Madame à Villers-Cotterets, rentrant à S.-Germain vers 4 heures du soir, trop tard pour assister au sermon du premier dimanche de l'avent, prèché par Mascaron devant la reine. L'arrivée à Paris de Monsieur et Madame est du 1er novembre. Les Lettres annuelles eussent donc eu tort, si elles avaient dit, comme on le conclurait de la citation de M. le chanoine Pauthe, pp. 74-75, que le frère du roi conduisit la Palatine au lendemain de son arrivée en France « aux sermons de Bourdaloue qui préchait le carême à Notre-Dame.» Maiselles ne le disent point, comme nous verrons. L'auteur reproduit donc quelques erreurs échappées au P. Chérot à l'endroit cité du Bourdaloue inconnu, p. 119, mais que celui-ci avait luimême rectifiées déjà dans Bourdaloue, sa Correspondance, p. 26, n. 1. Il est inexact surtout de dire que Madame était encore luthérienne, l'abjuration ayant précédé le mariage. V. plus bas, p. 390.

Racine ou de Corneille que volontiers on voit jouer une seconde fois 1?

Aucun document du temps ne signale le sermon de Pâques, 29 mars, qui d’ailleurs peut-être n’était point le dernier de la station. Le carême se clôturait le lundi ou le mardi de Pâques, ou, comme en fait foi l’édition, le dimanche de Quasimodo. Celui qui est assigné à cette fête, sermon sur la Paix chrétienne, fut-il, en 1671, le dernier de cette station? Ce ne dut pas être, en tout cas au-delà du mardi de Pâques, 31 mars. On lit dans l'extrait des délibérations capitulaires déjà cité : N

Martis pasch., 31 martit. D" in |septo}? post missam pro more congregali commiserunt rogantes D. Parfaict, can. Paris., qui nomine capiluli, un cum Archidiacono Briae 2, nomine D. Archiepiscopi gratias agat R#. Patri Bourdaloüe, Soc. Jesu, qui tempore quadragesimae proxime elapsae concionalus est in Eccl., sammamque 320 £ pro more, in honorarium offerat.

Cette démarche finale, conforme aux usages, à dû suivre, peut-être de près, le dernier sermon de Bourdaloue. D'ailleurs le manuscrit du temps, dont j'ai parlé plus haut, contenant ce sermon sur la Paix chrétienne, sauf des variantes légères, indique aussi ce sermon comme donné au dimanche de Quasimodo, avec la mention sermon D 28: ce qui est le chiffre des discours compris dans un grand carême. Mais le même sermon sur Laæx vobis est porté dans l’édition subreptice de 1692 au mardi de Pâques à.

L’avent de Saint-Jean-en-Grève.

La paroisse de Sant-Jean-en-Grève, démembrement de celle de Saint-Gervais et érigée depuis l’an 1212, fut la

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