LE SERMON SUR TRÉVILLE
première, après la Cathédrale de Paris à entendre Bourdaloue durant une station entière, Gerson en avait été lun des illustres curés avant de devenir chancelier de Notre-Dame. C’est dans cette paroisse qu'avait été baptisé Jean-Pierre Camus, évêque de Belley, qui par trois fois y prècha le carême. Là aussi saint François de Sales avait
* donné le 15 août 1602, un sermon pour la fête de l’Assompüon dont le manuscrit autographe était conservé comme une relique ‘.
L'abbé Lebeuf signale aussi dans cette église l’épitaphe du savant jurisconsulte Antoine Loysel. Peut-être le curé de Saint-Jean-en-Grève qui se crut obligé de faire l'éloge de son paroissien lorsque mourut, le 24 septembre 1657, le père de Blaise Pascal, était-il de la famille de Loysel?,
Liste des Prédicateurs, Aduent 1671, p.8. A saint Jean en Grève. Le Reuerend Pere Bourdalouüe, lesuite 3.
Aucun document Jusqu'au sermon prêché à une date inconnue, peu avant la lettre du 25 décembre de M" de Sévigné :
J'ai été cette nuit aux Minimes (Place Royale); et je m'en vais en Bourdaloue. On dit qu'il s'est mis à dépeindre les gens, et que l’autre Jour il fit trois points de la retraite de Tréville ; il n’y manquoit que le nom, mais il n’en étoit pas besoin. Avec tout cela, on dit qu’il passe toutes les merveilles passées, et que personne n’a prêché jusqu'ici.
Il faut reconnaître qu'il est malaisé avec ces phrases de donner une date précise au sermon sur Tréville. L'autre jour, de la part de M" de Sévigné qui parle par oüi-dire et de ce sermon et, semble-t-il, de tous les précédents de cette station, ne désigne point nécessairement le tout dernier sermon, celui du 23, si nous avons affaire à un avent complet, un grand avent avec sermons en semaine *.
. Lebeuf. Ilisloire de Paris, t. 11, p. 90.
Sainte-Beuve, Port-Royal, t. 11, p. 486. V. p. 33? n. 3 et 14 mai 1654. Mascaron prêchait au Louvre, et Giroust, à Saint-Paul.
He CU 272
Sévigné, 11, p. 448. Cf. plus haut, p. 311.
I faut donc rester prudent et ne point trop vite affirmer, ni cette date du 23 !, ni celle que proposait déjà M. Servois dans son édition de La Bruyère, 13 décembre 1671 ?.
Sans doute c'était le troisième dimanche qui tombait le 13, et c’est au troisième dimanche qu'est placé, dans l'édition, au second avent, le sermon sur la Sévérité évangélique où se retrouveraient avec quelque vraisemblance les traits de Troisville ou de l’ Arsène de La Bruyère. Est-ce assez pour donner la date du sermon de Saint-Jean, évidemment d’une autre année que celui de la cour, et peutêtre d’un autre jour liturgique? J'ai sous les yeux la copie d’un manuscrit du temps (ms. H; % où ce dernier sermon, sous le titre de la véritable Dévotion, et un autre exorde sur l’évangile Omnes qui habebant infirmos… (Luc, 1v, 4o) est appliqué au jeudi après le quatrième dimanche de carême, et les exemples de ce genre sont nombreux.
On peut accorder, même étant admis le désintéressement de Troisville appuyé chez Sainte-Beuve par la citation d’une lettre d’Arnauld à d'Andilly (26 août 1666) #, que le sermon de la Sévérité évangélique, d’après sa division, peut s'appliquer à Tréville. Dans le portrait ou la satire des convertis un peu bruyants ou dédaigneux, bien des détails portent. Sa singularité ne devait pas être exempte de «superbe » et sa rigueur un peu caustique n’était point sans reproche :
Je vis hier Tréville, écrit à Bussy en juin 1677, Mie de Scudéry : il a l'air mortifié comme un capucin | peut-être est-ce un peu visible]; mais pour de lesprit, il en a autant que Jamais et même plus
agréable, car il l'a plus doux, et s'il vous en souvient cela lui manquait ?.
. Pauthe, p. 83.
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