LES ( SERMONS NOUVEAUX
La correspondance de Bourdaloue, si sobre en renseignements sur sa prédication, nous dit seulement dans la lettre écrite de Basville à Pautomne précédent, qu'il dut y avoir en ce carême de Saint-Eustache, quelques sermons nouveaux. Parlant de sa santé, € vouée à l'Evangile »,
Je l’employe uniquement, dit-il, à travailler pour mon ministère, n’estant défait de toutes les autres études qui ne s’y rapportent pas. Jay fait quelques sermons pour Saint-Eustache.…
Bourdaloue, comme nous avons vu’, les soumet au jugement de son correspondant, et promet de les lui montrer. Donc l’orateur n’entendait pas vivre uniquement sur le nombre peut-être respectable de discours déjà composés, mais délaissant toute autre étude, il consacrait
P. Mascaron, elle donna tant de jalousie à M. l'évêque de Périgueux qu'il entreprit de faire voir que ce n'étoit qu'un larcin qui lui avoit été fait d'une qu'il avoit prêchée quelques années auparavant. Elles coururent toutes deux de manière qu'on en put voir la différence, et le jugement qu'on en fit ne fut point désavantageux à M. de Tulle...» V. L. Lehanneur, Mascaron, p. 40. — Le P. Houdry, dans la préface de son Trailé de la manière d'imiler les bons prédicaleurs, 1702. (Migne, Orateurs sacrés, t. 36, col. 25), rapporte au long l’anecdote, et sans nommer les contendants, nous permet de dater l'aventure. C'est le 11 avril 1664 que Mascaron prêcha à St-André-des-Arts cette Passion que Le Boux, prédicateur au Louvre l'année précédente prétendait lui avoir été prise. Mascaron gardait rancune de cet affront, comme le prouve sa lettre au P. Mignot, 28 mai 1667. Citant les paroles flatteuses du roi, qui vient de le complimenter, il ajoute : «L'évêque de Périgueux en a pensé crever d’envie, et parce que le hasard à fait que j'aie pris le même texte qu'il prit en 1651, il a eu l'imprudence d'avancer, sans m'avoir entendu, que c’étoit son sermon ; mais à mon retour, l'ayant su, j'ai fait chercher sa Passion que je n’avois jamais vue, et la confrontation de ces deux pièces a convaineu ceux qui savaient lire que dans un discours de six quarts d'heure, il y avait six mots semblables... » Lehanneur, ibid., p. 82. Mer Blampignon, Correspondant, 25 nov. 1854.
Il dut donc être amer à Mascaron d’être remplacé par Le Boux dans la chaire royale : il l'avait convoitée pour 1673, écrivant à Mie de Scudéry, le 23 novembre 1672: «Je ne puis retourner à la cour que pour prêcher. Si Mgr d'Orléans étoit le maitre de la chaire, comme il étoit autrefois, je Serois assuré de l'avoir, pour le carême du 15 mars...» Il compte sur l'intervention de Bossuet, demandant le secret en cas d'échec. Mer Blampignon, Correspondant, 25 nov. 1884. Ce n'est point Bourdaloue, mais Le Boux qui avait été choisi. — Sur le Carême à Bordeaux, voy. Correspondant, 10 mai 1870, JS AA