V. plus haut, p. 15.-Cf. p
à L INCIDENT DE LA PRINCESSE DE CARIGNAN 363
son loisir à enrichir ou perfectionner la somme de ses sermons ; surtout, en ce qui regarde ce carême, nous pouvons croire que les auditeurs entendirent du nouveau. Le premier document que nous possédions sur cette station, lequel, croyons-nous, n'a pas encore été signalé, est ce passage de la Gazette d'Amsterdam, du jeudi 2 mars 1073.
De Paris, 24 février.
Mme la Princesse de Carignan !, estant un de ces Jours au sermon du Pere Bourdaloue, elle se plaignit hautement de ce qu'il
porta la parole à Mr le cardinal de Bouillon, qui y estoit, prétendant, comme princesse du sang, que cet honneur lui devoit estre préféré 2.
Le 2/4 février était le vendredi de la première semaine de carême. Il s’agit donc ici du sermon du jour des Cendres, 15 février, ou de celui du premier dimanche de carême, 19 février.
La présence de la princesse de Carignan, dont l’hôtel était situé sur la paroisse Saint-Eustache*, n’a rien que de très naturel. Celle du cardinal de Bouillon, dont la place, en qualité de grand aumônier, eût été plutôt à la cour, est davantage à remarquer. C’est la seconde fois“ que nous le rencontrons, de manière certaine, au pied de la chaire de Bourdaloue, qui, on le sait, était son ami, et qui lui restera fidèle dans ses futures disgrâces.
Le cardinal était d’ailleurs loin de s’y trouver seul. Le concours prodigieux que les Lettres annuelles des années
1. Marie de Bourbon, fille de Charles, comte de Soissons, épousa le 10 octobre 1624, Thomas-François de Savoie, prince de Carignan, cinquième fils de Charles-Emmanuel 1%. Veuve le 22? janvier 1656, morte le 4 juin 1692. (Sévigné, t. vI, p. 214, note 59).
2. La rétention paraît conforme à l'espèce d’étiquette interdisant aux prédicateurs de saluer d'autres personnes que les princes du sang et l'évêque du lieu. V. plus bas, en 1692, une lettre de Baillet sur cette question.
3. Sur l'emplacement actuel de la Halle aux grains, détruit il y a une vingtaine d'années seulement.