‹ Bourdaloue: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporains (volume 2)Chapitre 232 sur 367 · Sévigné, t. m1, pp · texte numérisé non relu

Sévigné, t. m1, pp

è. Sévigné, t. III, p. 330.

BOURDALOUE CONSOLANT GRAMONT ot

nature humaine. 1l n’en reste pas moins que, sans faire tort à l’éloquence de notre orateur, on peut se demander s’il dit jamais des choses plus touchantes qu’en ces six heures consacrées à essayer de «résigner » ce père égaré par la douleur. Ses panégyristes ont parlé de son acuon noble, soutenue, de ses gestes, de sa voix : mais Je ne sais point plus belle attitude que celle de cet ami selon Dieu, conduisant, soutenant, portant presque le vieux maréchal à cet office des matines chantées pour son fils. Sans doute dans ces six longues heures passées dans la petite chambre extérieure du couvent des Capucines, Bourdaloue dut revenir plus d’une fois sur la fin repentante de ce fils, et répéter les détails que transmet, parfois d’un ton peu sérieux, la spirituelle marquise, occupée à trouver en tout des dessous de cartes et quelque peu de conveniion :

Il a fait, écrivait-elle, une grande amende honorable de sa vie passée, s’en est repenti, en a demandé pardon publiquement. Il à fait demander pardon à Vardes et lui a mandé mille choses qui pourront

peut-être lui être bonnes. Enfin il a fort bien fini la comédie et laissé une riche et heureuse veuve f.

Nous retrouverons encore Bourdaloue dans des offices semblables de son ministère, assistant à la mort, par exemple, la sœur du comte de Guiche, cette princesse de Monaco, dont la même lettre de M" de Sévigné disait : « M°"° de Monaco est entièrement inconsolable. » Morte à trente-neuf ans, le 5 juin 1678, assistée par Bourdaloue, celle-ci avait, comme son frère, à faire bien des (amendes honorables. » Ce n’était pas sans raison que, dans ses carêmes à la cour ou à la ville, le prédicateur s'élevait contre le vice qu’il appelait la lèpre de son siècle, et qui sous le nom bien reçu de galanterie, et avec le patronage officiel et inévitable du roi, faisait des ravages dans les plus grandes maisons.

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