‹ Bourdaloue: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporains (volume 2)Chapitre 242 sur 367 · L'EXÉCUTION DE ROHAN · texte numérisé non relu

L'EXÉCUTION DE ROHAN

A minuit, le P. Bourdaloue se rendit auprès de lui et lui apprit son sort, le confessa et dit la messe à laquelle assistèrent les autres prisonniers, dans la chapelle de la Bastille 1.

Le récit des derniers moments tel que le donne du Cause, réduit à néant le conte dont Bayle se fit écho dans sa lettre à Minutoli, écrite de Rouen le 13 décembre 1674 ?.

Ces récits controuvés ont été laissés de côté avec raison dans un bon résumé de cette histoire d’une conspiration sous Louis XIV, paru en 1886 *. Nous y lisons que les restes du chevalier de Rohan furent transportés « dans un carrosse couvert d’un drap de deuil éclairé de six flambeaux blancs à l’abbaye de Jouarre, où il avait demandé d’être enterré. » C’est donc là que put prier sur sa tombe quelques années plus tard, Bourdaloue, appelé à plusieurs reprises dans cette abbaye f.

La Gazette qui, dans son numéro du 1* décembre ÿ, avait annoncé à propos de Latréaumont, qu’elle nomme La Truaumont, l'arrestation de Van Enden, raconte ensuite irès sommairement l’exécution des condamnés, sans entrer dans des détails, qu’on jugeait sans doute dangereux, sur la conspiration elle-même $.

livre l’Affaire des poisons, fait remarquer que sa pénitente ne savait sans doute rien « de la gràce que le Père Bourdaloue fit au chevalier de Rohan qu'il communia à sa messe la nuit même qu'il fut exécuté. »

1. Ravaisson, Anales de la Bastille, t. vi, p. 488, cité par Lauras, (RIAD 274

?. D'après le gazetier, «le P. Bourdaloue aiant employé cinq ou six jours à résoudre à la mort le chevalier de Rohan, comme il fut question de monter sur l'échafaud, il trouva son pénitent dans le plus mauvais

état du monde... » et ce serait un des capitaines de garde aux portes de la Bastille — Bayle donne le nom, Magalotti, — qui, « l'exhortant à mourir d'une façon fort cavalière, — car il renioit souvent » l'aurait déterminé à

une fin plus chrétienne. Lettres de Bayle, é1. des Maizeaux, Amsterdam, ONCE:

3 Revue des Deux-Mondes, 15 juillet et 15 août 1886: Une conspiration républicaine sous Louis XIV, par Alfred Maury, p. 783,

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