LA REVANCIIE DES PROVINCIALES
Ne quitions pas l’année 1674, sans regarder encore une fois en arrière, c’est-à-dire jusqu'au carême. Les Lettres annuelles, suivant une habitude avec laquelle elles vont rompre pour longtemps, consacrent quelques lignes seulement à Bourdaloue ; elles cesseront désormais de parler du prédicateur, ses succès entrés dans le domaine des faits courants, n'étant plus des nouvelles à consigner ! :
Parisiis tanta tamque inusitata nostrorum concionatorum celebritas fuit, ut ad eos fere solos ex tota urbe concursus facti sint (?), Jamque sine ulla controversia primam in hoc genere laudem obtineant. Pater Ludov. Bourdaloue, per quadragesimam coram rege christianissimo conciones habuit, quas aula universa demirata est, non sine incredibili Societatis obtrectatorum dolore et invidia ?.
Remarquons moins cette vogue générale en faveur des confrères de Bourdaloue, exagérée peut-être par l’historien-panégyriste, que la conclusion particulière tirée par le public et notamment par les ennemis des Jésuites. On a redit de nos jours que Bourdaloue était la « revanche des Provinciales ». C’était la traduction peut-être du moi de Boileau, si complaisamment répété par Rapin, à l’occasion du premier avent de Bourdaloue à la Maison professe en 1669 et du livre de Bouhours, «sur la défaite des jansénistes en bataille rangée *. » est aiséde constater l’existence de ce sentiment en 1674. Et pour n'être pas suspect de n’entendre qu'un son, celui de la cloche de la Maison
livrer des places en Normandie & de faire révolter la Province, furent condamnés à mort et exécutés le 27 du passé, dans la place qui est devant la Bastille : les trois premiers ayant eu la teste tranchée et le dernier ayant esté pendu. » 1bid., p. 1181.
LORS END Dee Co e
2. À Paris, tel fut le succès jusqu'alors inconnu que rencontrèrent nos prédicateurs, qu'on ne semblait, de tous les points de la ville, ne courir qu'à eux seuls et qu'ils remportèrent sans conteste la palme sur ce terrain. Le P. Louis Bourdaloue, pendant le carème prêché devant le roi très chrétien, fit des sermons admirés de la cour entière, au grand dépit des envieux et des adversaires de la Compagnie.