LE PRÉTENDU JANSÉNISME DE BOURDALOUE
après lui » et ne fulminer «que des anathèmes!. » Il ne méritait donc pas l’éloge que lui croyait adresser un fervent janséniste de son temps, dont le manuscrit anonyme repose à la bibliothèque de Clermont-Ferrand. L'auteur va jusqu'à détacher des œuvres de Bourdaloue des passages où 1l croit retrouver son « dogme » de disciple de Jansénius, ce qu’il appelle « prêcher l’évangile dans toute son étendue et sa sévérité?. » La louange méritée par le prédicateur qui ne dissimulait rien des obligations évangéliques, ne doit point faire prendre le change sur sa doctrine et sa direction », sur lesquelles il ne se séparait en rien de son ordre. Il eût trouvé de fort mauvais goût l’entrée en matière de son admirateur Janséniste, qui débute ainsi : « On peut et on doit mettre au nombre des Jésuites vrais chrétiens et bons religieux, le P. Bourdaloue. » L'opposition qui parait le vouloir distinguer de jésuites ne méritant point d’être dits « bons chrétiens », l’eût certainement fait « renfrogner » bien autrement que les deux derniers couplets que Boileau composa en 1672 4€ dans le temps des noces de M. de Bâville*. »
Avec ou sans Despréaux, la campagne de Lamoignon le revit encore, bien aise, au temps de ses vacances d’août et de septembre, d'y aller composer à loisir quelque nouveau sermon, dût-il y mettre le satirique qui l'avait fait entrer dans sa pauvre chanson. Nous avons une date précise.
Une lettre du P. Rapin, portant en tête: «du 3 octobre », sans millésime, mais que les allusions nous permettent d'assigner sûrement à cette année même, il est dit que
l. Oraison funèbre de Nicolas Cornel, Lebarq, t. 1v, Dr 2952
2. Ms. 159, pp. 235 et suiv. Cf. note f, p. 140, où sont donnés les
principaux extraits.
3. Sur Bourdaloue à Basville, V. Chérot. Bourdaloue, sa Correspondance, pp. 58 et suivantes ; 106, etc.