C OPPORTUNITÉ ORATOIRE ) DE BOURDALOUE
signale ici pour le premier dimanche du carême de la cour en 1676.
Qui sait même si en 1676 les épisodes encore si obscurs des rechutes de Louis XIV, après la rupture qui sembla se dessiner par le séjour à Clagny de M" de Montespan durant l’été de 1675 et sa saison projetée à Bourbon en 1676, n’autorisent point à croire que Bourdaloue, dès le début de son carême, abordait les sujets d'intérêt pratique et actuel? On est en droit en effet d'admettre, avec Sainte- Beuve, ce qu’il a fort bien nommé la « continuelle opportunité oratoire !» de notre prédicateur. Ne dédaignons par conséquent aucune trace, même fugitive ou presque eacée, susceptible de nous faire rencontrer l’anecdote précise qui explique et commente le texte ou le titre des sermons.
La façon même dont les MVouvelles ecclésiastiques relatives au sermon du 23 février 1676 précisent le sujet traité ce jour-là, ne devrait-elle pas quelque jour amener la découverte et assurer l'identification du sermon même, si par bonheur quelque scribe a pu recueillir ce discours applaudi.
C’est au numéro suivant de la Gazette que parut la liste des officiers généraux nommés pour servir dans les quatre armées mises sur pied à la fois: celle de Flandre, ayant à sa tête le roi et son frère, celle d'Allemagne, commandée par Luxembourg, celle de Meurthe et Moselle sous le maréchal de Rochefort, et, avec le duc de Navailles, les troupes du Roussillon ?. Cette notification
|. Sainte-Beuve, Causeries, t. 1x, p. 292: «Je pourrais, dit le critique, multiplier les exemples qui démontreraient en détail chez Bourdaloue, je ne dirai pas cette partie anecdotique (le mot est trop petit), mais bien cette large veine et cette continuelle opportunité oratoire. » — Sainte-Beuve avait déjà senti combien Bourdaloue avait les yeux ouverts « sur le monde» non pour modifier sa doctrine, qui resta immuable, mais pour avoir prise sur les hommes mieux connus. J'espère insister un jour sur cette actualilé du grand sermonnaire, si bon théologien, mais observaleur à proportion.
2, Gazette, p. 260.
parue la veille du troisième dimanche de Carême, 8 mars, ne futapparemment l’objet d'aucune allusion dans le sermon du lendemain ; la leçon eût été sans doute en pure perte.
Le carême s’acheva à Saint-Germain. Le Jeudi saint, 3 avril, Fléchier y prêchait devant le roi, «en la grande sale ‘», le sermon de la Cène, prélude de son prochain avent, et la même Gaselte du 4 avril qui annonce ce sermon de Fléchier écrit encore (de Saint-Germain, le 3 avril), après avoir signalé les Ténèbres entendues, le Jeudi soir, Çen la Chapelle du Vieux Chasteau » :
3 avril, vendredi saint. — Aujourd'huy, Elles y ont entendu le Sermon de la Passion, que le Pere Bourdaloüe lesuite, a fait avec le grand succez qui luy est ordinaire: & l’apresdinée Elles ont encore assisté au mesme lieu à l’Office des Ténébres 2.
5 avril, sermon de Pâques. — La Gasette du 11 avril écrit, de Saint-Germain en Laye, le 10 avril® : Leurs Majestez entendirent au mesme lieu #, Vespres et la Predi-
cation que le Père Bourdaloue lesuite fit d’une manière qui luy attira admiration dè tout son auditoire,
Au lieu des formules laudatives que la Gazette, obligée de nommer si souvent Bourdaloue s’ingénie à varier, sans sorur du même vague désespérant, on aimerait une allusion qui permit de reconnaître ces sermons applaudis