Carême à la cathédrale de Rouen
[n’y à point heu de s'étonner que les habitants de Rouen aient désiré entendre ce prédicateur, parti de chez eux pour la capitale. Quel qu'ait pu être le renom de Bourdaloue dans la ville avant son départ, il dut surtout être remarqué après coup et quand ses succès de Paris Île désignèrent à Pattention. On se rappela sans doute alors que c'était Rouen qui l'avait en quelque façon donné à
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Paris. Peut-être ce que nous avons cru devoir appeler «la légende » de sa révélation fortuite prit-il corps à cette époque. Sans pouvoir donner de réponse à ces questions, nous les posons, invitant à remuer encore les vieux souvenirs locaux. Pour avoir fourni déjà matière à d’intéressants travaux, ils n’ont pas dit cependant leur dernier mot Jusqu'ici. Avouons-le, la moisson à été maigre : à part le mot du P. d'Harouys conservé dans le Menagiana, mais appliqué par Feugère et par bien d’autres à une époque différente sauf les rares mentions du registre des chanoines, on ne parait point avoir gardé du souvenir de ce carême de Bourdaloue à Rouen beaucoup plus de trace que de l’avent de Saint-Gervais réduit à une indication de la Liste un instant perdue de vue.
Ce qu'on savait déjà, grâce aux recherches de M. l'abbé Picard d’après les registres du chapitre, a été consigné dans le livre du P. Lauras !. Il y a peu de chose à y ajouter. Ce fut le successeur de Harlay sur le siège de Rouen qui eut la bonne inspiration, durant un voyage à Paris en juillet 1676, d'inviter Bourdaloue à revenir en cette ville, où, suivant le mot de Legendre, « il avait commencé à briller ?, » François Rouxel de Médavy, ancien évêque de Séez (1651-1671) devait demander et obtenir trois ans après comme coadjuteur l’abbé Colbert, second fils du ministre. Comme nous avons vu à propos de la mission donnée à Rouen par le P. Eudes en 1666 ?, le choix du prédicateur de la cathédrale revenait à l’archevêque. Peut-être Mgr Rouxel de Médavy, en ses voyages à Paris, se pourvoyait-il à la Maison professe. Les registres de la procure du collège Saint-Louis de Rouen, qui nous ont
1. Lauras, t. 1, pp. 141 et suiv. citant Bourdaloue à Rouen. Précis des {ravaux de l'Académie de Rouen pour 1848, t. L, p. 220. Cf. Notes du L, 111, note a.