LE LABEUR DE BOURDALOUE
naires de Bayonne. Ma station, si elle ne change, cst pour l'année qui vient, à Saint-Sulpice, dans le faubourg Saint-Germain !.
Donc, Bourdaloue compose de nouveaux sermons en vue de son prochain carême, et il en sera ainsi sans doute longtemps encore. 11 n’était point, on le voit, de l’école de ceux qui s’en remettent à l’impression du moment. Ses sermons sont laborieusement préparés, et il pourrait parler, comme Bossuet, avec saint Augustin, de son travail pour annoncer dignement la parole de Dieu, et après eux, dire à son tour :
Considérez, mes frères, que notre vie est pénible, laborieuse. Nous usons nos esprits à chercher dans les saintes Lettres et dans les écrivains ecclésiastiques ce qui est utile à votre salut, à choisir les matières qui vous sont propres, à nous accommoder autant qu'il se peut, à la capacité de tout le monde ?.
Deux écoles semblaient exister à ce sujet, que nous a fort bien indiquées M. l’abbé J.-B. Vanel, dans son article sur le Carême de 1699 *, celle qui veut appliquer à la prédication les règles méthodiques d’une rhétorique sacrée, qui (compose » ses discours, les médite longuement, évite tout éclat trop familier et peu conforme à une sorte de code reçu de bienséances, ce qu’on pourrait nommer le « sermon thèse », le discours méthodique, et en regard, sinon à l’opposite, celle qu'on avait baptisée de prédication «à la Cordelière {» ou «à la capucine » qui se laisse aller, sans souci des théoriciens de la chaire ou des préceptes des rhéteurs, à tous les élans spontanés et libres d’une chaude conviction. Chacune des méthodes avall, — a peut-être