BOURDALOUE AUPRÈS DES MOURANTS
Comme M" de Sévigné, Bussy s’occupait beaucoup de M°° de Monaco, témoin les lettres de ses correspondants, qui commentent les siennes et nous donnent les diverses impressions éprouvées par les contemporains à l’occasion de cette mort. Dès le 10 juin, M" de Scudéry avait écrit :
Madame de Monaco est morte en prédestinée; une maladie lente Ja mise en état de pénitence; elle n’avait plus figure humaine quinze Jours avant que de mourir.
De son côté Bussy, moralisant, comme il lui arrive à ses heures, disait :
La mort de Mme de Monaco prêche mieux la cour, à mon gré, que le P. Bourdaloue; cependant peu de gens en profitent.
Cette sententieuse constatation, écrite le 16 juin, se lit dans une réponse à M. de la Rongère; celui-ci, par sa lettre à Bussy, en date du 5, semble donner la formule exacte de ce qu’il faut penser de cette mondaine assistée à la mort par Bourdaloue : («M de Monaco est enfin morte beaucoup mieux qu’elle n'avait vécu !. »
Nous retrouverons, de plus en plus fréquents vers la fin de la vie de Bourdaloue, des traits relatifs à son rôle de confesseur el à l’assistance des mourants qui alla absorbant chaque jour davantage son temps, à mesure que ses relations s’étendaient. Un livre reste à écrire sur Bourdaloue, directeur de conscience; il révèlerait des côtés curieux el nouveaux du siècle, que l’orateur a touché de plus près qu'on n’imaginait ?.
À la fin du même mois, le Mercure nous signale la présence de Bourdaloue à Sceaux, chez Colbert, où se célébrait celte année-là avec une solennité extraordinaire la fête de saint Jean-Baptiste, patron du ministre.
I s'agissait d'entendre le début oratoire d’un de ses fils,
l. Ces divers témoignages sont cités par Monmerqué, p. 455, note 5.
2. Cf. plus haut, p. 395, note 1. V. surtout au 4 janvier 1695, le témoignage du M's de Sourches.