LA CONVERSION DE M" DE MONACO
maladie, Elle a été défigurée avant que de mourir. Son desséchement a été Jusqu'à dutrager la nature par le dérangement de tous les traits de son visage. La pitié qu’elle a faite n’a jamais pu obliger personne de faire son éloge 1.
Le Mercure fit cependant cet éloge, ainsi que le Père Bourdaloue, comme on le sait par une lettre, encore écrite à Bussy par M° de Sévigné, peu convaincue, Le mot de Bourdaloue n’est peut-être que l'expression vague d’un ann de la famille, un confident qui ne peut en dire davantage ; 1l pourrait être aussi bien l’expression exacte de la vérité et prouver que sous la pression des douleurs d’une suprême maladie, survivant à sa beauté, cette femme put sentir se réveiller sa foi.
Me de Monaco, en mourant, écrit la marquise le 27 juin, n’avoit aucun trait ni aucun reste qui pût faire souvenir d’elle : c’étoit une tête de mort gâtée par une peau noire et sèche ; c’étoit enfin une humiliation si grande pour elle, que si Dieu a voulu qu’elle en ait fait son profit, il ne lui faut point d’autre pénitence Elle a eu beaucoup de fermeté : le P. Bourdaloue dit qu’il y avait beaucoup de christianisme ; je m'en rapporte.
Pour le maréchal de Gramont, il est vrai qu'il lui a dit adieu quand il est allé en Béarn ; je n'ai point su qu'il ait dit les méchantes plaisanteries qu’on vous a mandées ; elles lui ressemblent pourtant assez : s'il les a dites, je les condamne, et je les trouve hors de propos,
comme vous les trouvez ?.
Cette lettre de M" de Sévigné répondait aux réflexions suivantes de Bussy écrites le 23 Juin 1678, sur cette conversion in extremis :
On m'écrit que la maladie dont Mme de Monaco est morte lui a fait faire pénitence, et qu'elle est de ces gens de l'Évangile qui sont payés pour la dernière heure comme ceux qui sont venus le rüatin ÿ; cependant vous me mandez que personne n'a fait son éloge : Je ne l'en plains pas davantage. Le bien ou le mal qu’on dit de nous après notre mort nous est bien indifférent #,