VÊTURE DE M'° D’ELBEUF
à la veille de l'Epiphanie. Le Mercure galant donne la date du samedi 13 ainsi que la Gazette.
1. On lit dans le numéro du 20 janvier : «Le treizieme de ce mois, Marie Françoise de Lorraine, fille de Charles de Lorraine, Duc d'Elbeuf, chef de la Maison de Lorraine en France, fit profession dans le Couvent des Filles de Sainte-Marie du Fauxbourg S. Germain. La Reine lui donna le Voile noir. Le cardinal de Buillon (sic) son oncle fit la cérémonie et l'abbé des Alleurs prescha. » Gazetle, p. 13.
Dans le Mercure galant de janvier 1680 est relatée au long, p. 220-223, la cérémonie de la profession de Mile d'Elbeuf. Voici cet extrait qui nous montre encore le genre d'analyses et de ‘citations qu'affectionnait le Mercure, pour peu que les orateurs ou la famille intéressée s'y prêtassent:
«Le samedy 13. de ce mois, Mademoiselle d'Elbeuf, Fille de Mr le Duc d'Elbeuf, Chef de la Maison de Lorraine en France, fit profession aux Religieuses de Ja Visitation du Fauxbourg Saint-Germain. La Reyne luy donna le Voile noir & la cérémonie fut faite par Monsieur le Cardinal de Bouillon son Oncle. L'assemblée ne pouvoit estre ny plus illustre, ny plus nombreuse, le rang de la nouvelle Religieuse l'attirant, aussi bien que la satisfaction qu'on se promettoit d'entendre prêcher Mr l'abbé des Alleurs Son sermon fut d'une beauté achevée. Cela ne surprit personne. On est accoutumé à ne luy voir produire que des Chef d'œuvres. I] dit à la Reyne en finissant, Que la Vertu estoit rare dans le Monde, qu’elle devenoit parfaite dans la Religion, et que Sa Majesté possedoit le merite de cette double vertu. Il ajoûta, qu'un de ses Ancestres avoit donné une grande matiere d'étonnement en se depoüillant de la pourpre royale pour prendre l'Habit de Religieux, mais que Sa Majesté trouvoit un plus glorieux tempérament de vaincre le monde au lieu de le fuir, de sanctifier le Trône au lieu de l'abandonner, & de posseder en mesme temps, & la Vertu du monde qui estoit si rare, & celle de la Religion, en y entrant de temps en temps pour y exercer sa pielé. Je ne vous dis que la Substance de ce Compliment qui fut tourné de la maniere du monde la plus délicate & la plus fine. » L'abbé des Alleurs allait être nommé un des quatre aumôniers de quariier de la Dauphine, dont Bossuet, on le sait, était premier aumOnier et Fléchier, aumônier ordinaire. 11 prèécha cette année 1680, le sermon de la cène, le jeudi saint, devant le roi, et l'avent à la chapelle royale. Comime on n’a guère de cet orateur que son oraison funèbre de Marie-Thérèse (Michallet, 1684), il n’a pas de notice au Diclionnaire des prédicateurs et M. l'abbé Hurel, t. 11. p. 77, ne s'arrêtant qu’à ce panégyrique de la reine n'a rien donné pour ainst dire sur l'orateur. Il eùt pu citer les Memoires de Legendre, ce chanoine normand qui n’a point ménagé son compatriote : « Tandis que cet orateur s'élevait comme un aigle, écrit Legendre parlant de Flechier, quantité de petits aiglons prenaient aussi le même vol, entre autres un nommé Duboutrg, fils d’un élu de Pont-Audemer... qui se faisoit appeler des Alleurs, etc. » p. 10.
La rédaction de la Gazelle, comme celle du Mercure, est confirmée par un document authentique, détruit dans l'incendie de la Commune et heureusement conservé dans les notes de Rochebilière. D'après le registre des Professions de la Visitation de la rue du Bac, « Marie-Xavier de Lorraine, fille de Charles de Lorraine, duc d'Elbeuf, pair de France, gouverneur et lieutenant général pour le roi, de la Picardie, Artois, Boulonnois, pays conquis et reconquis, et des villes et citadelle de Montreil (sic) sur mer,