LE DUC D ELBEUF PÈRE DE MARIE-XAVIER
Charles II de Lorraine, né en 1620, mort en 1692, fit trois mariages : d’abord avec Elisabeth, fille aînée du comte de Lannoi, veuve du comte de La Roche-Guyon, dont il eut une fille qui épousa le comte de Vaudemont, bâtard de Lorraine, et un fils, le chevalier d’Elbeuf, entré dans l’ordre de Malte, surnommé le Trembleur, à cause d’une infirmité de naissance due à la brutalité de son père !.
Le second mariage fut contracté en 1656 avec la fille ainée du duc de Doll nièce et pupille de Turenne, Élisabeth ou Isabelle de É Tour de Bouillon, sœur lu cardinal, morte le 23 octobre 1680. Notre le
était avec Marie-Éléonore, plus âgée qu’elle, et une sœur
cadette entrée dans la suite dans l’ordre de Penthemont, issue de ce second mariage d’où sorürent Henri et Emmanuel, tour à tour ducs d’Elbeuf. La troisième union, avec la fille ainée de la duchesse de Navailles, connue dans la suite sous le nom de douairière d’Elbeuf, donna naissance à la future duchesse de Mantoue.
La sœur aînée de Marie-Xavier, Marie-Éléonore, née le 24 février 1658, après s’être longtemps raillée des
et d'Isabelle (sic) de la Tour d'Auvergne, demeurans en leur hotel rue de Vaugirard, âgé de 19 ans environ. 13 janvier 1680, profession et vœux solennels. Témoins : Henry Charles de Lorraine, prince d'Harcourt, comte de Montlort (sic), et Alphonse-Louis de Lorraine, chevalier d'Harcourt, cousins Germains.
[Signé] S' Marie Xavier de Lorraine,
S° Marie Thérèse Fouquet, supérieure,
Alphonse Henry Charles de Lorraine,
Alphonse Louis de Lorraine, Chevalier
d'Harcourt.
Archives de l'Hôtel de Ville. Registre coté 107, fo 2, verso. On ne trouvait pas mentionnée dans ce registre la prise de voile, ne serait-ce que parce qu'il ne commençait qu'au 16 juillet 1679? (R) — Cette note estextraite des papiers de M. Rochebilière sur Bourdaloue., Nous en profitons pour rappeler que l'infatigable érudit avait réuni de nombreux extraits de l'ancien etat-civil de Paris, et que dans ces fiches appartenant aujourd'hui àla Bibliothèque Nationale, département des Mss. à laquelle elles ont été données par M. Raffet, on rencontre souvent d’utiles indications sur les contemporains de Bourdaloue.
il 1 AG4 PROJET DE MARIAGE ROYAL POUR M ° D ELBEUF
goûts que manifeslail Sa Sœur pour la vie religieuse, était entrée au noviciat de la Visitation du faubourg Saint-Jacques. Ce fut apparemment en 1675, mais la Gazette n’en dit rien !.
Nous savons par sa notice que € la petite sœur », au sortir de cette profession se promit bien d’imiter son aînée et «fit vœu d’être religieuse. » Il est difficile de faire concorder ce qui est dit ensuite des négociations alors pendantes pour le mariage avec le futur Jacques IE encore duc d'York, avec ce qu’affirment des historiens sur l'échec subi par les Elbeuf, Louis XIV ne voulant pas entendre parler de ce mariage, malgré les instances de Turenne. Celui-ci étant mort depuis le 27 Juillet de l’année précédente, ces pourparlers, s’il y fut mêlé, doivent done être rapportés à des temps antérieurs. Si l'espoir des Bouillon, soit du vivant de Turenne, soit après sa mort, fut déçu en cette affaire par ordre du roi, il est d'autant moins probable que Bourdaloue ait voulu faire faire à ce brillant parti, en parlant du manteau royal ? une allusion qui n’eût pu être agréable.
Les documents de l’année 1678 se taisent désormais
1. Par contre, elle rend compte de la cérémonie de la profession, et l'assistance qu’elle y décrit doit ressembler beaucoup à celle qui viendra entendre le discours de vèture de la sœur puinée.
« Le 16 de ce mois, dit la Gazelte du 923 mai 1676, se fit aux Religieuses de Sainte-Marie du Fauxbourg S. lacques de cette ville, la cérémonie de la Profession de la Princesse d'Elbeuf : à qui la Reyne donna le Voile noir, Mademoiselle, Mademoiselle d'Orléans, la grande duchesse de Toscane, Madame de Guise, & toutes les Princesses de la Maison de Lorraine y assistèrent : & nostre Archevesque y fit un très beau Discours sur le sujet de cette Cérémonie.»
De la présence de la princesse de Guise à la profession de Marie- Eléonore, il est d'autant plus légitime d’inférer qu'elle assista à la prise d'habit du 7 septembre 1678, qu'elle avait conduit elle-même la postulante au monastère, ainsi que nous l’apprend la Notice tirée de l'Année sainte : « Attirée, nous disent les Annales du couvent, par le mérite de la très honorée Mère Françoise-Madeleine Brülart, Supérieure du troisième Monastère de Paris, elle (Mie d'Elbeuf) ménagea son admission dans cette Maison, où elle fut conduite par son Altesse royale Mme de Guise.»