‹ Bourdaloue: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporains (volume 2)Chapitre 325 sur 367 · L'IDÉAL DE BOURDALOUE · texte numérisé non relu

L'IDÉAL DE BOURDALOUE

La

tel discours qui les avait charmées, n’était point sans doute l'idéal de la prédication chrétienne, ni le but que se proposait Bourdaloue. Son donneur d’avis prêchait un converti, car notre prédicateur désirait autant que personne ne point borner à une vaine curiosité les fruits de sa parole. Feugère! a cité un joli endroit des Pensées, dans lequel Bourdaloue porte un jugement sur la « chaire » et sur les sujets pratiques qu'il y faut traiter :

On exhorte assez les fidèles, dit Bourdaloue, à fréquenter le Sacrement de Pénitence ; mais peut-estre ne s’applique-t-on point assez à les instruire des dispositions essentielles qu’il demande, ni à leur en donner toute la connoissance qu’ils en doivent avoir... Les Predicateurs, s'ils n’y prennent garde, contribuent eux-mesmes à entretenir cette dangereuse illusion ayant pour maxime de ne traiter dans la chaire que certains sujets relevez... en quoy certainement ils se trompent .. en s’élevant quelquefois au delà des bornes, & prenant un vain essor où souvent on les perd de vue, & où ils se pérdent eux

mesmes 2

Notre prédicateur n’est done pas un spéculatif exposé à s'égarer dans des considérations théoriques. On peut len croire, comme on croit aisément Bossuet dans ses sermons sur la parole de Dieu*. Lui aussi déplorait ces habitudes du siècle qui traitait un peu l’église comme un théâtre.

Quoi ! pendant qu'on s'assemble pour écouter Jésus-Christ, pendant que l’on attend sa sainte parole, disait Bossuet le 13 mars 1661 dans l'église du Carmel du faubourg Saint-Jacques, un murmure et un

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