‹ Bourdaloue: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporains (volume 2)Chapitre 327 sur 367 · LES AUDITEURS DES SERMONS · texte numérisé non relu

LES AUDITEURS DES SERMONS

ris scandaleux déshonorent publiquement la présence de Jesus- Christ !

On sait aussi comment il se plaignait durant son carèême des Minimes, dans le Panégyrique de S. François de Paule, prêché le 6 avril 1660, de l'attitude de certains des auditeurs. Ce n’était pas seulement à Saint-Jacques en 1679 qu'il y avait des désordres parmi les auditeurs qui attendaient le sermon.

Bien des « temples, soit des Minimes, soit d’autres religieux, étaient, « suivant l'expression de Bossuet, le théâtre de l’irrévérence de quelques particuliers,» pour ne point dire de ia foule assemblée pour entendre un prédicateur en vogue. Il y a de ce fait des preuves à foison : nous avons rencontré déjà l’anecdote des mauvaises plaisanteries dont la myopie de Desmares fut loccasion?, l'exclamation de Condé pour imposer silence au « brouhaha » de la multitude attendant Bourdaloue à Saint- Sulpice en 1678*. On peut citer enfin, pour donner une idée de la licence qui régnait dans les églises, les ordonnances de police de La Reynie interdisant d'entrer masqué daps le lieu saint (24 février 1684).

Je signalerai surtout un travers plus grave, blâmé des gens sérieux, mais subi, à savoir l’idée qu'on se faisait parfois et trop souvent du « sermon. » Certains « faits divers » du Mercure yalant sont instructifs à cet égard. S'il faut éviter de généraliser des observations de cette

1. Lebarq, t.1ux, p. 591.— On peut lire dans Lauras, t 11, p.75, les plaintes de Bourdaloue au Sermon sur le saint sacrifice de la Messe (lundi de la quatrième semaine de carème, t. 11, p. 330 et suiv Cf.t. 1v, pp. 15 et suiv. « Il y a encore dans l'Eglise des hommes éclairez & fervens.. qui... découvrent la vérité & la preschent saintement, fortement, utilement. Mais vous en voulez qui la preschent poliment et agréablement, rien d'avantage ; je dis poliment selon vos idées, & agréablement par rapport à vostre goust...» Notez que le premier exemple donné par Lauras, sauf les réserves déjà signalées (p. 260) s'applique, non à la société parisienne, mais à un auditoire de Rennes, le 16 juin 1668.

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