CHAPITRE QUATRIÈME
:] 4 ® A L'ANNÉE 1080. — MINISTÈRE ET RELATIONS A PARIS. UN CARËME TRONQUÉ. — DEUX SERMONS SUR L'ÉTAT RELIGIEUX.
Avant d'aborder le carême de cette année, signalons, au mardi 10 janvier, la fameuse confession de Pomenars, faite à Bourdaloue. Le marquis de Pomenars, gentilhomme breton, avant de subir l’opération de la pierre, se confesse, comme nous lPapprend la lettre de M" de Sévigné, écrite le surlendemain., Le ton badin nous indique du moins que le marquis n’était pas précisément un habitué du confessionnal de Bourdaloue ni d'aucun autre :
Le pauvre Pomenars fut taillé avant-hier avec un courage héroïque. il a plus de joie qu'il wa eu de douleur... Mais pour accomplir la prophétie de M. de Maillé, qui disoit un jour à Pomenars qu'il ne mourroit Jamais sans confession, il a été devant cette opération, à confesse au grand Bourdaloue, Ah! c'étoit une belle confession que celle-là ! Il y fut quatre heures : je lui ai demandé s'il avoit tout dit; il m'a juré qu'oui et qu'il ne pèse pas un grain ; car il a tout dit et vous savez qu'il n’est question que de cela: il n’a point langui du tout après l’absolution ; tout cela s'est fort bien passé : il y a huit ou dix ans qu’il n’y avoit été, et c’étoit le mieux f.
C’est en janvier encore, sinon en décembre de l’année précédente, que Bourdaloue fut chargé d'écrire à l’une de
1, Sévigné, t. vL p. 189.