‹ Bourdaloue: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporains (volume 2)Chapitre 343 sur 367 · SERMONS DE MASCARON ATTRIBUÉS À BOURDALOUE · texte numérisé non relu

SERMONS DE MASCARON ATTRIBUÉS À BOURDALOUE

L'exemple du moins est démonstratif pour établir comment les anecdotes relatives à Mascaron, notamment sa discrète allusion à Nathan du carême de 1669, ont changé de caractère, puis d'attribution, jusqu’à faire assigner à Bourdaloue le prétendu Tu es ille vir.

Une plus curieuse conséquence, et plus grave aussi, de cette interversion, a été de faire dévier une découverte qui allait nous rendre les sermons de Mascaron. Il sera intéressant pour qui voudra étudier cet orateur de voir comment les Sermons inédits du P. Bourdaloue... publiés en 1823 par Serieys, qui ne sont pas une supercherie de cet éditeur !, mais n'étaient autre chose que des copies anonymes des sermons de Mascaron, ont pu être enlevés à celui-ci. La curieuse préface de cette édition paraît indiquer que la hardiesse de ces divers sermons prêchés à la cour les a fait assigner à l’orateur auquel la voix publique appliqua le mot de PEcriture : Loquebar, etc., el non confundebar ; là parait être la seule preuve de Péditeur. Or, à cette époque, la voix publique n’appliquait plus guère qu'à Bourdaloue le mot du psalmiste, ce qui a fait, trop légèrement, on l’accorde, publier sous le nom de Bourdaloue des sermons qui sont de l’évêque de Tulle et d'Agen *.

La conclusion ferme à déduire de ces minimes remarques est celle que tirait déjà le P. Le Lasseur, celui qu’on pourrait nommer le patient annotateur des Mémoires de Rapin sur le Jansénisme.

Dans une notice sur Bourdaloue d’où il n’a pas exclu toutes les erreurs ou légendes, il a du moins le mérite d’avoir nettement refusé tout crédit à celle-ci: «L’anecdote, écrit-il, qui lui met dans la bouche le 7x es ille oir est aussi fausse qu'invraisemblable. »

{. Quoi qu’en ait dit le P. Lauras, t. 1, p. 128. 2, V. ma Bibliographie de Bourdaloue, vi, p. 15.

La

Que La Beaumelle ou Irailh soient donc à mettre en cause dans cette création, peu importe désormais. Il parait incontestable et dorénavant acquis à Phistoire, que l'aventure du Tu es ille vir n’est qu’une invention pure d’anecdotier, et que le mot n’a jamais été dit devant Louis XIV, ni par Bourdaloue ni par un autre.

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