MS. PHELIPEAUX
hommes, Sa piété
l'oblige à y venir prendre partau changement heureux d’une vie toute mondaine à une vie reli-
gieuse
: Be ! LA L ELEMENT INQUIETANT
N. a. fr. 1824.
d'ordinaire les yeux des hommes, sa piété loblige à y venir prendre part au changement heureux d'une vie toute mondaine en une vie toute
Ms. de Grenoble,
des hommes que votre Majesté vient admirer dans cette solitude...
religieuse.
Si nous avons, en ces manuscrits de Grenoble et de Paris, trois rédactions manuscrites dues sans doute, comme le pense M. l’abbé Urbain, à des auditeurs qui ont voulu fixer leurs souvenirs, il est assez embarrassant de choisir entre les leçons qu’ils nous offrent comme entendues et vraiment prononcées. À comparer seulement, soit entre eux, soit avec les deux éditions, quelque peu divergentes elles-mêmes, les trois spécimens de ce début, on sent bien lembarras qui empêche de choisir à coup sûr le texte qui dut être dit. Entre deux phrases comme celles-ci : « Madame voici un sujet digne d’être honoré de la présence d’une aussi pieuse reine. Votre Majesté, Madame, ne vient pas admirer dans cette solitude les vains ornemens de la gloire. » Et celle-ci : « Ge spectacle, Madame, est si rare qu'il est digne d’être honoré de la plus grande et de la plus pieuse de toutes les reines. Ce ne sont pas les vains ornements d’une gloire trompeuse... que Votre Majesté vient admirer dans cette solitude, » il faut bien prendre parti et avouer que lune des deux versions est modifiée par le copiste. Toutes les deux ne peuvent avoir été dites, el l’une est retouchée et brodée, mais laquelle? On sent la difficulté du choix, mais sil faut l’accentuer encore, de peur de paraître esquiver l’objection fondamentale qui atteint les travaux des copistes; mettons en présence les deux textes tirés des manuscrits de la Bibliothèque nationale.
Prenons la division du discours dans le ms, Phelipeaux et dans son pendant :
Niaë fe 182/451p000!
Voyez cet amour corrompu et considérez ses excès, observez toutes ses démarches, et c’est par là que vous le connoîtrez; mais en même temps, voyez cet amour bien réglé et considérez tous ses retours, Voyez comme cette âme raisonnable est sortie hors d'elle-même par ses excès, mais voyez-la rentrer en ellemême par d'autres excès opposés.
Voyez comme elle a poussé les excès de sa corruption et de l'amour de soi-même, jusques au mépris de Dieu. Mais voyezlui pousser des excès de Pamour de son Dieu jusques au mépris et à la haine de soi-même; enfin voyez comme cette âme s’égare dans la poursuite des objets extérieurs et sensibles en s’éloignant de Dieu. Mais peu de temps après, voyez-la revenir sur ses pas en telle sorte qu’elle ne s’attache plus qu’à Dieu seul, Voilà le partage de ce discours.
Les divergences doivent
Manuscrit PHELIPEAUX (p. 23).
Voyez cet amour corrompu eb considerez ses excès, observez toutes ses démarches, et voyez vous-mêmes ce qui vous arrête, mais en même temps arrestezvous, voyez cette âme raisonnable qui sort d'elle-même et qui rentre en elle-même. Voyez-la s’égarer dans les objets extérieurs et sensibles, mais voyez-la en même temps revenir sur ses pas. En un mot voyez cet amour de soimême qu’elle a poussé jusqu’au mépris de Dieu, mais en même temps voyez cet amour de Dieu qu'elle pousse jusqu’au mépris de soi-même, en cettesorte qu’elle ne s'attache plus qu’à Dieu seul.
Voilà en peu de mots toute l’économie de ce discours.
. bien ici être attribuées aux
copistes. Elles sont loin d’être rares.
Offrons encore en parallèle deux passages opposés de nos manuscrits parisiens, où il semble impossible de s’en tenir à une collation, mais où l’on doit transcrire les deux
textes à part :
Manuscrit PaELIPEAUXx, D. or Voilà ce qu'il y a de bon dans
les dignités, et c’est par là que
cette âme commence à se mé-
Fr'192 p.299:
Voilà ce qui se trouve, messieurs ; dans les charges et les dignités et dans les honneurs