‹ Bourdaloue: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporains (volume 2)Chapitre 51 sur 367 · Ms. Voyez-le en peu · texte numérisé non relu

Ms. Voyez-le en peu

Jun ! Le L ELEMENT INQUIÉTANT 89

Ms. PHELIPEAUX, p. 31.

connoître. Elle ne sait ce qu'elle cherche, elle n’a pas plus de goût pour les honneurs, parce qu'ordinairement les honneurs font les orgueilleux et que les orgueilleux n’ont pas de goût pour eux et ne savent ce qu'ils veulent. Voilà ce que c’est que l'orgueil.

Mais tout d'un coup, voici l'estime d’une fragile beauté qui fait que cette âme raisonnable emprunte des ornemens vains et étrangers de toutes parts pour la conserver et même pour l’augmenter. Mais écoutez comme le saint Esprit m'a parlé. J'ai vu, dit le prophète Isaïe, Jai vu les filles de Jérusalem bien chargées.

Je les ar vues chargées de cheveux et frisées à droite et à gauche. Æ{ nutibus oculorum tbant et ambulabant extento collo. Elles marchoient la tête levée et portoient indifféremment leurs regards de tous côtés, Voilà pourquoi, dit Dieu, chez Isaïe, |je ferai tomber tous leurs cheveux {| Ah! Seigneur, ce n’est pas assez pour faire rougir les filles de Jérusalem. Mais si vous les voulez punir, prenez-vous en du moins sur quelque chose de

INR TS 24 D 207 commence à se méconnoître l’orgueilleux. Il ne sait ce qu’il veut. Car qu'est-ce que l'orgueil, sinon l'aveuglement de l'esprit ?

Quittons donc l’orgueil, quittons les honneurs ?. Cette âme commence à se reconnoître et elle se trouve bientôt changée.

Mais voici un surcroît d’une vaine beauté qui élève son esprit et qui emprunte de vains ornemens de toutes parts. Voici le saint Esprit qui en va parler, Jai vu, dit Isaïe le prophète, j'ai vu les filles de Jérusalem extrémement chargées, je les ai vues chargées de cheveux empruntés.

Je leur ai vu porter leurs yeux indifféremment à droit {src) et à gauche. Æ£{ nulibus oculorum tbant. Ambulaverunt extento collo. Elles marchoïent # hardiment, etla tête levée, ellesjetoient à droit et à gauche leurs regards.

Voilà pourquoi, dit Dieu, Je ferai tomber tous leurs cheveux, et n'est-ce pas assez pour faire rougir toutes les filles de Jérusalem ? Ah ! Seigneur, ce n’est pas assez et si vous les voulez punir, prenez-vous-en du moins à quelque autre chose que sur

{. Omission de P. suppléée par le ms parallèle.

2, Ces mots donnent bien l'impression d'une phrase dile par Bossuct.

3. Le copiste, peu au courant de ce qu'il écrit, met dans son texte, aux deux endroits : changées, pour chargées. l

Ce double extrait peut servir aussi à comparer le texte définitif (Lebarq, t. vi, p. 39), destiné à l'impression, avec des traits qui fort vraisemblable-

ment ont été dits.

4, Ms. Elles jettoient hardiment...

MS. PHELIPEAUX, p. 31.

plus superbe et de plus précieux.

Mais, dit Dieu, je sais que quand les hommes verront que ces choses inutiles et même ridicules leur seront ôtées, Je sais, dis-je, quel effet cela fera. Mais écoutez ce que dit encore le Saint-Esprit :

En ce temps-là, je ferai tomber tous leurs cheveux et leurs manteaux et leurs indiennes, Je leur ôterai tous leurs diamants, perles et bijoux et je détruirai tout le reste de leurs parures et ornemens inutiles. Hé! la grande merveille, messieurs, que Dieu détruise des choses si vaines et même si peu honnêtes. Mais vous offensez Dieu par ces ornemens inutiles et Dieu ne se plaint!

point de faire le dénombrement de la destruction qu'il fera de tous ces vains ornemens, et cette âmeentendant parler de cette destruction, elle dit : ah ! hommes, je ne veux plus porter de ces vains ornemens! Je ne porte ...

CLANDESTINE

Na IP lo D RUE

leurs cheveux. Mais, dit Dieu,

je sais bien que quand les hom-

mes verront que Je leur aurai ôté ces choses inutiles et même le plus souvent ridicules, je sais quel effet cela fera. Ecoutez donc ce que dit le Saint-Esprit : Je ferai tomber leurs cheveux. Je leur Ôôterai leurs manteaux et indiennes, Jj'arracherai leurs perles et leurs coëffures, je

leurs

romprat leurs colliers et leurs bracelets, je détruirai tous leurs bijoux, et pour lors elles connoitront que ïe suis leur Dieu. La grande merveille, messieurs, que Dieu détruise des choses si peu nécessaires et même le plus souvent si peu honnêtes ! Ah ! vous offensez Dieu par ces ornemens inutiles. Et cette âme entendant ces paroles, elle s'écrie : Ah !

monde trompeur, je n'aurai plus de tes vains ornemens et je ne veux plus porter que les ornemens de la grâce...

Les parallèles caractéristiques de ce genre seraient aisément multiplhiés. Ceux-ci suffisent à mon dessein de montrer quelles questions délicates soulèvent des divergences portant comme ici sur la forme même. Lorsqu'il s’agit d’un passage omis dans l’un des manuscrits, d’une ligne, soit même d’un paragraphe, absents dans l’un des deux textes, on peut encore vraisemblablement supposer que la lacune de lun n’est comblée dans l’autre que par une phrase authentique qui n'a pas échappé à l’un des scribes plus soigneux, tandis qu’elle tombait dans la

l. 11 faut noter cette expression au sens de: et Dieu ne s'épargne point .. — Le pendant ne s’en retrouve pas dans l’autre ms.

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