Luc, xvm, 13. Nolebat nec oculos in caelum levare
LES INÉDITS CONSERVEÉS 95
maudit pharisien qui marchoit auec impudence et effronterie, qui n’alloit dans le temple que pour y porter son insolence auec faste : non sum sicul cetert, etc. 1 Non, Mrs, c'est pour s’humilier deuant Dieu et pour luy demander pardon. Rentrez dans ces sentiments Mrs, affin que le fils de Dieu dise de vous comme de ce pauure publicain, descendit hic iustificatus in domum suam ?, que vous estes iustifiez et en état d'attendre par apres, la recompense du
ciel etc.
Cette fin d’un sermon et le morceau qui le précède, tiré du quatrième livre des Rois, chapitre IV, ne paraissent pas avoir été conservés dans l'édition. Le commentaire de lévangile du pharisien et du publicain priant au temple ne s’y rencontre pas au dixième dimanche après la Pentecôte pour lequel a été conservé un autre sujet : sur l'État de vie & le soin de s’y perfectionner *, et la parabole du pharisien expliquée dans les Pensées, ne contient pas ce passage, qui a ainsi le mérite de linédit.
C’est un des avantages de ces copies d’autrefois de nous avoir gardé des extraits de Bourdaloue et des autres orateurs du temps, d’abord avec leur saveur propre de « sermon débité », ensuite, souvent même au point de vue du fond, comme unique spécimen, car tout ce que les orateurs ont prêché n'est pas toujours entré dans leurs œuvres.
C’est ainsi encore que les sermons de Mascaron et de bien d’autres qui n’ont jamais été imprimés, ne peuvent être connus que par ces copies *. Il faut avouer qu'elles nous renseignent mieux que les éditions officielles sur le vrai genre et la vraie langue du sermon « parlé ».
Je tire du même manuscrit de la Bibliothèque Mazarine, un passage sur la Vocation qui paraît également inédit.
1. Luc, xvim, 11. Non sum sicul caeleri hominum... DEN (Ce PTE SUR D LA UTe
. V. à ce sujet la thèse des plus suggestives de M. L. Lehanneur, Massillon d'après des documents inédits.
ES
Du moins ne se rencontre-t-il pas dans le sermon sur ce sujet, qui est le premier des Dominicales, premier dimanche après lEpiphanie. Mais ce qui nous garantit que nous ne sommes pas en présence d’une attribution erronée due à Pauteur des extraits, c’est que la page se retrouve dans le manuscrit d'Abbeville, au sermon du preraier dimanche après l'Epiphanie, sur le même texte et commençant par les mêmes mots que l’imprimé, et en outre dans le premier point du sermon sur l'Ambition (Ms. Phelipeaux). Cette triple source nous a donc sans doute conservé un développement perdu. Bourdaloue ou son éditeur n'aura pas jugé uüle de le maintenir ou plutôt il a paru plus à sa place dans le sermon sur l’Ambition qui en offre quelque vestige, t.11, p. boo. Voici le texte du manuscrit Tournemeulle, absolument d’ailleurs dans la manière connue de Bourdaloue :
P. Bourp. De la Vocation.
Saluien Eveque ! de Marseille qui etoit le Jeremie de son siecle, s'en plaignoit dans un temps ou il n’en auoit pas tant besoin que nous en auons dans le nôtre. Quia, disoit-il, indignt censentur haereditate, digni iudicantur consecratione. Immolauerunt filios suos et filias suas diis manibus et non Deo ?, Si sum pater, ubr est honor meus? Qui non intrat in ouile per ostium, ille fur est et latro.
Nous apprenons de Philon que Moyse avant sa mort ne voulut jamais nommer aucun de ses parents pour estre grand Prêtre, soit qu'il crust que son autorité ne deuoit pas entreprendre cela, soit qu'il se fust persuadé que personne ne deuoit 3 s'engager à un si sublime ministere sans la vocation particulière de Dieu. Aut quia non credidit hoc ad suam pertinere auctoritatem #, aut quia tale
1. On trouve encore ailleurs, dans les manuscrits, ce titre erroné d'«évèque » accordé par Bourdaloue au prêtre Salvien. V. Sermons inédits, p. 80, note 5.
?. Dans le texte de Salvien, le diis manibus est une erreur de transcription, ou de mémoire, pour daemonibus. V. Deut. xxxu, 17 et Ps. cv, 37 combinés. — Les textes qui suivent sont scripturaires. Malach., 1, 6 10, X, 1, in ovile ovium sed ascendit aliunde.
3. À. (ms. d'Abbeville)... soit qu'il erut que personne ne doit...