‹ Bourdaloue: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporains (volume 2)Chapitre 7 sur 367 · XVII · texte numérisé non relu

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avait réunies avec une patience et une sagacité rares. Les recherches faites dans les deux journaux déjà signalés (Gazette et Mercure) m’avaient déjà mis entre les mains une part des renseignements accumulés par lui; mais un bon nombre aussi des éléments nouveaux que je puis apporter à l’histoire quotidienne de la prédication de Bourdaloue, me sont venus de cette source précieuse !.

Outre une quantité de témoignages classés chronologiquement et soumis d'ordinaire à une critique judicieuse, les épaves de ces études préparatoires à un travail sur Bourdaloue, conduites, semble-t-il, d’après certaines références, de concert avec les PP, Le Lasseur, Lauras et Demontézon, S. J., consistent surtout dans une annotation marginale d’un exemplaire de l'édition princeps in-8 de l'Avent. Les notes, écrites au crayon par Antoine Rochebilière, ont été depuis sa mort, repassées à l’encre, par M. Augustin Raffet, son gendre. Il devait exister aussi un exemplaire annoté du Caréme et du reste de l'édition, invoqué de temps en temps, mais qui n’a pas été découvert. Par malheur plusieurs des matériaux réunis par cet infatigable érudit, ont été dispersés, et outre la reconnaissance qui me fait un devoir de signaler le secours que j'en ai tiré, l'espoir de mettre sur la trace

de ces notes du plus haut intérêt les chercheurs qui savent

1. Je noterai de l'initiale (R) les indications que je n’ai connues que par cette voie. Il y faut remarquer surtout les documents transcrits avant 1870 aux Archives de l'hôtel-de-ville de Paris, et qui ne nous ont ainsi été conservés que grâce à ces notes. :

le prix de tels travaux, m'invite à donner aussi complète que possible la nomenclature des papiers dont j'ai pu obtenir communication. Ainsi un exemplaire annoté de la notice de Chevalier de Saint-Amand sur Bourdaloue fait partie de cette collection. Enfin une liste très soignée des dates des sermons de vêtures et professions prêchés par Bourdaloue, précédée d’une préface !, indiquait la direction précise des recherches du savant historien du xvn° siècle. On peut dire en effet de Rochebilière qu'il avait pénétré très profondément dans la connaissance de Pancienne société. Les fiches ou « cartes », renfermant le fruit de ses longues recherches, — M. Raffet a donné à la Bibliothèque nationale ces cartes réunies par son beau-père, — sont une mine de renseignements, souvent unique, depuis surtout que lincendie de PHôtel-de-ville et du Louvre a privé les chercheurs de documents

heureusement visités par cet érudit ?. Je ne saurais donc

1. Cette liste et cette préface seront publiées en appendice. V. appendice A. — Cf. plus bas, p. 403.

2. On sait combien de renseignements, maintenant introuvables, sont obtenus grâce aux patients dépouillements des archives faits par ce travailleur : ainsi, pour la mère d'une des religieuses dont Bourdaloue prêcha les cérémonies de vêture et de profession, Mme de Frémont, grand mère de la femme de Saint-Simon, étudiée à ce titre par le savant éditeur des Mémoires. « Saint-Simon, écrit M. de Boislisle, n’a pas parlé de la mort de la grand'mère de sa femme, Mme de Frémont, décédée subitement à Paris, le 19 août 1703, quoiqu'il y en eût mention dans le Journal de Dangeau. Est-ce un oubli volontaire ? Voici l'acte d’inhumation, relevé jadis par feu M. Rochebilière sur les registres paroissiaux de Saint-Roch, aujourd'hui détruits. [Bibl. nat. ms. Nouv. acq. fr. 3617. N. 3548.] (T. x1, p. 547). » C'est un exemple entre mille.

Il me suffit de rappeler l'éloge que les éditeurs des Leltres de Mme de Sévigné, par M. Monmerqué, ont très légitimement décerné à sa collaboration. « Il (M. Ad. Regnier) a été secondé par deux honorables

KR

témoigner une trop vive reconnaissance à M. Augustin Raffet, bibliothécaire au Cabinet des Estampes de la Bibliothèque nationale, pour les inappréciables services que m'a rendus la communication des notes de feu M. A. Rochebilière !, mises sous mes yeux par l'intermédiaire du

P HE Chérot 0:

Cest justice aussi de témoigner au P. Henri Chérot mon cordial « ressentiment » comme on eût dit au grand siècle, pour les encouragements précieux que je lui dois et le fraternel empressement avec lequel il a suivi un travail que sa compétence spéciale dans la matière lui aurait dû

faire réserver.

Je suis heureux de remercier hautement la maison Lefebvre-Ducrocq du concours très efficace que J'y ai trouvé pour l’impression de ce travail. C’est une collaboration véritable que j'ai rencontrée dans le soin attentif avec lequel a été conduite l'exécution, malgré des difficultés

spéciales, qui ne peuvent qu’ajouter à ma reconnaissance.

auxiliaires... dont nous l'avons souvent entendu se louer avec reconnaissance... M. Rochebilière, qui a eu pendant plusieurs années des relations d'amitié et d'étude avec M. Walckenaer, et qui avait été choisi par M. Monmerqué lui-même pour le seconder dans ses recherches et achever de mettre en ordre les éléments de la seconde édition, a continué soigneusement celte tâche et la continuera jusqu'à la fin. Il joint aux autres qualités qu'elle demande, ces traditions précieuses qui se composent des conseils et surtout des exemples des deux hommes éminents qui ont été ses premiers guides » (Sévigné, t. I, p. VII.)

1. Ces papiers, donnés par M. Raffet au P. Daniel, avaient été, à la mort de celui-ci, 31 décembre 1892, perdus de vue et dispersés : ils ont été, en partie du moins, retrouvés à la fin de décembre 1900, reconnus et authentiqués par M.A.Raffet, le 10 janvier 1901, et le P.Chérot en avait tiré pour moi nombre de renseignements. s

Quant au bienveillant patronage et aux sympathies très hautes qui ont accueilli, soutenu et approuvé! mon entreprise, je ne puis en dire assez le prix. Que la dédicace inscrite au seuil de ce volume exprime ma profonde gratitude envers le professeur distingué qui méritait d’être nommé en tête de cette ÆZistoire de la Prédication de Bourdaloue.

Lille, le 15 mai 1901, en l’anniversaire de la mort de Bourdaloue,

EucÈène GRISELLE.

1. Je serais ingrat si je n'ajoutais ici un mot reconnaissant à l'égard de M. Ferdinand Castets, Doyen de la Faculté des Lettres de l'Université de Montpellier. Son beau livre: Bourdaloue, la vie et la prédication d'un religieux au XVII: siècle, dont le premier voiume (heureusement seul encore, pourrais-je dire, si je cédais à des préoccupations égoiïstes) a paru trop tard pour que j'en puisse profiter, aurait peut-être désespéré ou dirigé d'un autre côté mes recherches. Toutefois je sais maintenant qu'il y a place pour plus d'une vie d’études « autour de Bourdaloue », et combien aussi sont encourageants et bienveillants « ceux qui savent. » Je m’attends bien que la publication du second volume sur Bourdaloue de M. le Doyen de la Faculté des Lettres de Montpellier me contraigne de mettre au point, à l’aide des révélations qu'on en peut attendre, cet essai de chronologie et de critique des sermons de Bourdaloue. Dès aujourd'hui je tiens à remercier M. Castets de la bienveillance avec laquelle il a signalé mes premières tentatives pour retrouver dans les copies du temps le texte parlé de Bourdaloue.

N.-B. — Pour la Bibliographie spéciale de Bourdaloue, je me borne à renvoyer à la Bibliographie critique que j'ai fait paraître dans la collection des Bibliographies entreprise par la Société des Etudes historiques. Au lieu de reproduire ici cet essai, ou même de l'étendre (la matière n’y manquait pas), j'ai cru devoir, pour comprendre, dans la bibliographie du sujet et des alentours de cette étude, toutes les références aux livres les plus souvent invoqués, en les donnant complètes, dresser un Zndex alphabétique des ouvrages cités dans ce travail. On trouvera cette table en appendice. J'y renvoie donc pour les détails plus complets sur les quelques livres dont je dois du moins dès maintenant expliquer le plus fréquent usage.

Les extraits de Bourdaloue déjà imprimés sont tirés de l'édition princeps in-8, à laquelle je renvoie toujours suivant la tomaison ci-dessous, qui est celle dé l’ordre d’apparition des volumes, et qu’on

a trop négligée :

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