‹ Bourdaloue: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporains (volume 2)Chapitre 6 sur 367 · CV · texte numérisé non relu

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renseignement sur le ton et le genre de l’éloquence sacrée de l’époque. Mais en ce qui concerne Bourdaloue, il restait surtout bien des détails inédits dans ces collections imprimées. Sans doute beaucoup de ceux qui étudièrent Bourdaloue, le P. Lauras en particulier, avaient recouru à ces Journaux du temps, et l’on n’est pas sans rencontrer souvent des citations, de la Gazette surtout, mais presque toujours les mêmes, qui se colportent à travers les études biographiques, parfois en se déformant sur la route. Visiblement toutefois ceux qui avaient fait la première cueillette n'étaient allés qu’à des endroits déterminés, là

où ils comptaient trouver à prendre. Aussi quantité de

sienne. Il s'agit d'une de ces « narrations » que M. l'abbé Tougard signalait en ces termes, à propos d'un savant dépouillement de cette collection du périodique rédigé par Visé: «Le plus grave reproche que semble mériter le Mercure galant est d'avoir concouru à préparer les tristes mœurs de la Régence. Dans chaque numéro, en eflet, trois ou quatre hisloires ne sont que des anecdotes passionnées qui laissaient de funestes impressions, particulièrement dans les jeunes lecteurs... C'était un grand élément de succès... (Diverses noles historiques, 1678-1722, par M. l'abbé Tougard, Académie de Rouen, 1896-1897) Je m'associe à la juste sévérité de l'auteur pour cet élément de succès cherché et trouvé par le Mercure, en me permettant de douter de l'affirmation qui suit: « Sous le règne moral de Mme de Maintenon, les histoires disparurent. » Tout au plus faut-il concéder qu'elles sont moins fréquentes et moins sottement romanesques sur la fin du siècle. Mais on voit qu'en 1680, Mme de Sévigné y accordail encore une attention qui nous pourrait surprendre. — Je ne crois pas que les lettres de Visé, sans oublier jamais de consulter d'où venait le vent, aient à aucune époque renoncé tout à fait à justifier leur titre de Mercure galant. Le recueil à publié en tous cas des pastorales de Deshoulières ou des cartes du Tendre parfaitement fades et ridicules, bien longtemps après l'époque où les Précieuses de Molière ou les Salires de Boileau, eussent dû les rendre illisibles. Outre la cabale contre Racine et la Bruyère, les rédacteurs du Mercure, y compris Fontenelle, méritaient fort d'ètre « mis immédiatement au-dessous de rien. » Toutefois, où la littérature n’a rien à prendre, l'histoire peut glaner, et même, comme on vient de voir, le commentaire des grands écrivains de notre langue, des lettres de Mme de Sévigné spécialement, doit chercher dans ces riens des explications parfois nécessaires.

détails, laissés par eux dans l'ombre, ont été la rançon de longues heures passées à feuilleter ces interminables collections.

Ces journaux de jadis, comme toutes les publications du même genre, almanachs, ordo officit recitandi, après avoir été en nombre considérable, se sont faits rares à tel point qu’on les rencontre avec peine. J'ai donc dû faire ces longues recherches à la Bibliothèque nationale, et pour les achever dans un laps de temps assez restreint, dépasser souvent le nombre normal des volumes à demander en une séance. Cest un devoir pour moi de reconnaitre la complaisance que j'ai rencontrée sur ce point de la part de l'administration du Département des imprimés, pour obtenir ces autorisations extra-réglementaires.

Je dois aussi mes sincères remerciements à MM. Léopold Delisle et H. Omont pour la bienveillance avec laquelle ils ont mis à ma disposition les manuscrits de la Biblio thèque nationale qu’on trouvera mentionnés à l'essai bibliographique. Les recueils Phelipeaux en particulier, communiqués en dépôt à la Bibliothèque communale de Lille, m'ont été du plus précieux secours, et je prie M. Desplanque d’agréer l’expression de ma reconnaissance pour les démarches qui m'ont valu la facilité de consulter ces manuscrits et ceux qu'il a bien voulu faire venir en outre de Mâcon et de Grenoble.

MM. Lex et Maignien, conservateurs de ces deux

bibliothèques, ainsi que M. Fournier, professeur à la

Faculté de droit de l'Université de Grenoble, méritent toute ma gratitude.

Que M. Alcius Ledieu, bibliothécaire d’Abbeville, soit aussi remercié pour l’accueil que j'ai reçu de lui quand J'ai dû aller collationner sur place l’intéressant manuscrit soigneusement gardé dans sa bibliothèque.

La Bibliothèque du séminaire de Saint-Sulpice m’a toujours été très hospitalière et je ne saurais trop rendre grâces à M. Eugène Levesque, de l'intérêt qu'il a bien voulu prendre à mes recherches sur Bourdaloue et des nombreuses communications que je lui dois, ainsi qu’à mon savant ami, M. l’abbé Ch. Urbain, le consciencieux explorateur de tant d'archives du xvu* siècle, d’une crilique si sûre et si impartiale. Je suis heureux de me déclarer en pleine union avec tous deux dans la vieille devise: À micus Plalo, magis amica veritas, que le souverain Pontife Léon XIII, dans sa lettre sur les devoirs des historiens, a recommandée par la citation de Cicéron mise en épigraphe de ma première partie.

Bien des pénibles recherches m'eussent été épargnées si J'avais eu dès l’abord le trésor des notes chronologiques sur Bourdaloue que M. Antoine Rochebilière, le biblio-

graphe des éditions originales de nos grands écrivains ?

1. On connait les deux précieux catalogues édités par M. A. Claudin, avec la jolie notice sur Rochebilière qui précède la première partie : Cabinet de feu M: A. Rochebilière, ancien conservateur de la Bibliothèque Sainte-Geneviève, Première partie: Edilions originales d'auteurs français des xvue et xvur siècles. Vente (31 mai 1882). In-12, 452 pp. Paris, Claudin, 1882. Deuxième partie: Livres rares el curieux en {ous genres, Paris, Claudin, 1884. Vente 23 juin 1884. [n-1?, 390 pp.

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