L AUTHENTICITÉ DISCUTÉE
sûrement. Qu'est-ce en effet que cet ancien manuscrit, devenu déjà, dans la Zeçon de 1857, « le manuscrit primiuif », sinon une des nombreuses transcriptions recueillies par les scribes ? Comment donc, des différences qui le séparent de l’œuvre imprimée, tirer sans hésitation celte conséquence que les retouches sont le fait de Bretonneau ? C’est, répondra-t-on, infiniment probable. — Mais encore faut-il se rappeler que, si Bourdaloue ne put mettre la dernière main à ses sermons, nous ignorons si plusieurs ne furent pas remaniés par lui pour l'impression !,
Toutefois, et c'est la-partie solide de largumentation que nous permettent d'essayer les copies du temps, nous pouvons admettre que l’orateur n’eut certes pas le loisir de préparer avant sa mort les seize volumes qui composent l’ensemble de lédition. Or, comme toutes les copies anciennes que l’on rencontre, bien que reconnaissables pour la plupart sous une autre forme dans cette édition, s’y trouvent, écrites, polies et retouchées, 1l faut bien admettre que les affirmations de Bretonneau, "déclarant avoir laborieusement dépensé de longues années à mettre en état d’être lues les œuvres oratoires de son confrère, doivent être prises en considération et ne sont pas de pures complaisances d'auteur où d’éditeur aimant à amplifier sa part de travail. Qu’on les rapproche de ses déclarations analogues à propos de son édition de La Rue ?.
Il paraît donc permis de conclure, d’après les copies contemporaines dont Mgr Freppel semble avoir connu quelque chose, — il est le seul à nous apporter cet argu-
{voir ses Chefs-d'œuvre d'éloquence française, in-8, notes). Tàcher de voir s'il s'en souvient. » Il faut croire qu'il ne s'en est jamais souvenu. Mais nous avons ici la preuve que le prétendu manuscrit primitif, sur lequel Mgr Freppel s'appuya dans ses lecons d’éloquence, se réduit à une des copies qu'aura rencontrées aulrefois le P. Cahour. C'est un manuscrit de moins à espérer, mais aussi, par compensation, une legende réduite en miettes.