LA PUISSANCE ORATOIRE DE BOURDALOUE
qui espéraient du prédicateur une éloquence fleurie ou imagée.
Ce plaidoyer ému de M" de Sévigné, si prévenue qu'on la suppose en faveur de Bourdaloue, ne doit pas être dédaigné pour la parfaite intelligence de sa manière oratoire. La phrase qui nous montre la marquise « suspendue aux discours » ou raisonnements du prédicateur, mérite surtout d'être soulignée. Sans doute on la peut expliquer même à peu près dans le sens du janséniste de 1679, et trouver que peut-être la « tension excessive» que semble indiquer cet éloge se tournerait en demicritique !. Mais il est légitime aussi d’y faire remarquer une puissance oratoire non commune. Rien, semble-t-il, n'en montre plus vivement la valeur, qu'une page des souvenirs de Wiseman , racontant l’impression produite par un orateur italien du commencement de ce siècle, le P. Pacifico Deani ?.
«Je me sentis comme effrayé, raconte-t-il, par le silence que seule peut produire la respiration contenue d’une multitude, quand quelque passage d’une beauté peu ordinaire et d’une force empoignante fait suspendre chez l'auditeur autant qu'il est possible, les fonctions de la
il en serait ainsi du style, de l’action, des conditions différentes des deux orateurs. C’est donc à dessein et pour d'excellents motifs que je ne crois pas possible la comparaison entre Bossuet et Bourdaloue, ne faisant nulle difficulté d'avouer que le premier me semble l'emporter à bien des égards, mais sûr aussi qu'un parallèle en forme, — genre heureusement démodé — lui ferait perdre quelque chose, comme à Bourdaloue.