‹ Bourdaloué: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporainsChapitre 103 sur 475 · DÉPART DE MONTPELLIER · texte numérisé non relu

DÉPART DE MONTPELLIER

vie... Et à peine moins impressionnant est le soupir de soulagement, qui s’exhale en un universel murmure, en une seule et profonde respiration qui s'échappe de toutes les poitrines oppressées et dont la rumeur grandissante constitue un applaudissement plus expressif que le battement de deux fois autant de mains !. »

La date de la lettre de M" de Sévigné ne laisse guère supposer qu’elle porte seulement sur un sermon en particulier : elle doit concerner l’ensemble du carême, sans doute bien près de finir quand cette lettre parvint à Montpellier. Bourdaloue ne séjourna guère dans cette ville au-delà de la clôture de sa mission, puisque son départ eut lieu le samedi qui suivit Pâques. En voici la preuve dans une lettre datée du 19 écrite par Bâville au contrôleur général Le Peletier.

M. de Bâville, intendant en Languedoc, au Controleur général. 19 avril 1686.

Le P. Bourdaloue part demain pour s'en retourner à Paris, après avoir eu icy tout le succés que l’on pouvoit espérer. Il a ému toute la ville et a très-bien disposé la plupart des nouveaux convertis, qui se sont approchés des sacrements à Pasques; mais, quoiqu'il ait beaucoup travaillé, t/ reste encore bien des choses à faire pour achever ce grand ouvrage icy et dans tout le Languedoc *. (Mémoire sur la manière dont se distribuent les aumônes envoyées par le Roi pour les nouveaux convertis.)

Nous connaissons donc le terme ce séjour à Montpellier, dont la date initiale fut, nous l'avons vu, le 17 février.

1. Wilfrid Ward, Le Cardinal Wiseman, sa vie et son temps, trad. par l'abbé Joseph Cardon, t. 1, p. 47. Paris, Lecoffre, ? vol. in-12, 1900.

?. Correspondance des contrôleurs généraux des finances... publiée... d'après les documents conservés aux Archives nationales, par M. A. de Boislisle. Paris, impr. nationale, 1884, in-f°, t, 1, p. 67. Si les mots «il reste encore bien des choses à faire » laissent entendre que le succès, quant aux fruits, ne fut pas plenier, la faute en dut être aux conditions très défavorables d’un auditoire de convertis par force. L’affluence apparemment demeura jusqu’à la fin ce qu'elle avait été dès les premiers jours. On,lit dans les registres du chapitre de Montpellier : 4 mars. — «On députe des Messieurs (du chapitre) pour voir l'argent que le Bedeau et le Campanier reçoivent pour les chaises qu'ils fournissent pendant la prédication. » (Communication du P. Cros.)

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