LE COMPLIMENT DU 1° NOVEMBRE
Le 1 de ce mois, le Roy ÿ communia par les mains de l'évesque d'Orléans... L'après disnée, Sa Majesté entendit la prédication du P. Bourdaloue, Jésüite, et tout l'office du Jour. (Gazette de France, du 9 novembre 1686, p. 663).
Vendredi 1° novembre, jour de la Toussaint, à Fontainebleau.
Le roi fit ses dévotions, Monseigneur les fit aussi; ils entendirent la grand messe célébrée par l’archevêque de Sens: l'après dinée, ils
furent au sermon du P. Bourdaloue et à tout l'office du jour.
(Dangeau, t. 1, p. 408.)
Et l’après-dinée, après avoir entendu un excellent sermon du P. Bourdaloue 1, jésuite, et ensuite les vêpres chantées par la musique, il distribua les bénéfices qui étoient vacants...
J'avoue ne proposer que par pure conjecture pour le sermon de la Toussaint de cet avent à la cour, celui qu'on lit en tête du second Avent dans lédition, et uniquement appuyé sur celle phrase du compliment final :
Je parle à un Roy, dont le caractere particulier est d’avoir sceû se rendre tout possible, & mesme facile, quand il a fallu exécuter des entreprises, ou pour la gloire de sa Couronne, ou pour la gloire de la Religion. Je parle à un Roy, qui pour triompher des ennemis de son Estat, a fait des miracles de valeur que la postérité ne croira pas, parce qu’ils sont bien plus vrays que vraysemblables ; & qui pour triompher des ennemis de l'Eglise, fait aujourd huy des miracles de zéle, qu’à peine croyons-nous en les voyant, tant ils sont au dessus de nos esperances. Je parle à un Roy suscité & choisi de Dieu pour des choses, dont ses augustes Ancestres n’ont pas mesme osé former le dessein ; parce que c'estoit luy, qui seul en pouvoit estre tout à la fois et l’autheur & le consommateur. Ce zéle pour les interests de Dieu & pour le vray culte de Dieu, c’est, Sire, ce qui sanctifie les Roys, & ce qui devoit estre le terme de vostre glorieuse destinée. Car puisque Vostre Majesté estoit audessus de tout ce qu'il y a de grand dans le monde; puisqu'elle ne pouvoit plus croistre selon le monde ; puisqu'elle avoit comme épuisé la gloire du monde,
1. Le plus célèbre et le plus grand prédicateur de son temps et d’ailleurs un très homme de bien; il étoit natif de Bourges. Note de Sourches. Mémoires, t. 1, p. 450.